

On se retrouve avec un nouveau volet de la grotte de S., consacré aux sorties Black Metal marquantes de mars/avril 2026.
Albums listés :
AFTOKTONIA - In Perpetual Orbit Across the Astral Veil of Celestial Solar Systems [Norvège]
ANNIHILATUS - Exterminate [Finlande]
CONIFERE / VESPERAL - À Double Tranchant [Canada]
DØDSFALL - Själssluk [Norvège]
HERBSCURE - Herbscure [Autriche]
LORD KETIL - Ødeleggelse [France]
MALUM - From the Voids [Norvège]
MISERERE LUMINIS - Sidera [Canada]
MYLINGAR - Út [Suède]
NAHTRUNAR - Sphären [Autriche]
NON EST DEUS - Blessings and Curses [Allemagne]
SCHATTENVALD - Alle hernach [Allemagne]
SKALDIR - The Storm of Iron Souls [Chili]
TOTENWACHE - Der Thron der Uralten [Allemagne]
VARGRAV - Dimension: Daemonium [Finlande]
VERTIGE - Chute-libre [France]
* * *
Alors que Sombres Forêts et Gris sommeillent depuis 2013, leurs membres fondateurs entretiennent la flamme poétique avec leur projet commun qu’est Miserere Luminis. Sidera est le troisième album du nom, où on retrouve ce Black Metal atmosphérique toujours aussi empli d’émotions, tant par les hurlements poignants que la richesse des compositions, viscéralement mélancoliques. Le tout est sublimé par des textes d'une profondeur et d'une puissance rare. Miserere Luminis ne se contente pas seulement de produire de la musique : il raconte une histoire, développe un concept, questionne son auditoire. Le trio nous plonge ici dans les catacombes de la souffrance humaine, là où tout s'effondre et où la douleur semble sans fin. Mais derrière ce chaos, l'album porte un message d'espoir : c'est précisément en traversant le pire qu'on trouve la lumière…
L'album précédent se concluait par un "Je veux me casser la gueule du haut des plus grands précipices !" Et c'est exactement ce qu'elle a fait. Une chute libre, terme qui prend ici un double sens : celui de la descente vers les abysses d'abord, et celui d'une liberté enfin trouvée de l'autre côté. Ce nouvel opus est une fenêtre grande ouverte sur la psychologie de l'artiste, une mise à nu sans pudeur ni fioritures. Des textes d'une sincérité rare, sublimés par un black metal atmosphérique aux sonorités crues, froides et tragiques, entrecoupé d'une ballade aux airs presque désinvoltes. Plus d'une heure de musique lourde de sens, qui laisse l'auditeur seul avec ses propres questions existentielles.
A l’évidence, il semble que la maison de pressage ait interverti le prochain album de Mgla avec celui de Malum, tant la similitude dépasse le domaine du troublant. Compositions, production, vocaux…absolument tout résonne comme les fers de lance de la scène polonaise. Dès lors, abstraction faite du cruel manque de personnalité, From the Voids est redoutablement efficace.
Trois mois à peine après l'excellent Through Nebulae of the Empyrean Aether, Aftoktonia confirme son stakhanovisme musical en livrant une nouvelle offrande. Ce one-man-band norvégien convie l'auditeur à une traversée cosmique en quatre longs monolithes. Guitares crues, nappes de claviers à la fois éthérées et mystérieuses, vocaux lointains, cet ambiant black metal se déploie comme une expédition dans un firmament à la fois obscur et transcendant…
On pensait ce mélange des genres impossible, pourtant ce one-man-band autrichien réussit l’improbable intégration d’éléments reggae dans son Black Metal poussiéreux. Certes, son usage reste parcimonieux et peu exagéré, se contentant de quelques rythmiques et sonorités caribéennes relativement bien intégrées à l’ensemble. Ces passages confèrent aux titres un côté atmosphérique étonnamment efficace.
Après un excellent Der schwarze Hort en 2019, Totenwache remet le couvert en poursuivant sur sa lancée, avec un pavé de plus d’une heure. On y retrouve ce Black Metal aux riffs épiques et fougueux, dans la lignée de Sargeist. Le trio allemand parvient à produire des titres à la fois agressifs et mélodiques.
Déjà le septième album pour ce projet solitaire d’Ishtar, musicien norvégien de son état. L’individu nous propose un Black Metal à la fois sans concession tout en taillant une part belle aux aspects mélodiques, à tel point qu’on pourrait le comparer à la scène suédoise, sorte d’hybride entre un Dissection et un Dark Funeral.
La pochette rappelle celle du Nordavind de Storm n’est-ce pas ? N’y voyez aucune coïncidence, ce projet chilien s’inspire franchement de la clique d’Oslo tant on y retrouve les mêmes ingrédients, à savoir ce mélange de Black Metal et de Folk, mêlant voix gutturale et chant clair. Une sorte d’Isengard à la sauce sud-américaine, en plus contemporain et plaisant à l’écoute.
Metal-Archives Conifère, Metal-Archives Vespéral | Bandcamp
Amateurs de Black Metal québécois ? Ce split est fait pour vous. Il réunit deux formations montantes de la scène de Montréal, aux membres communs. Ce court disque renferme deux morceaux aux riffs épiques et aux compositions mélodiques. Une atmosphère qui vous transporte dans les vastes terres de la Nouvelle France, l’espace d’un quart d’heure…
Les Allemands poursuivent leur production régulière, Alle hernach constitue le septième album du trio. On y retrouve cette griffe si caractéristique, un Black Metal alliant rapidité et mélodies épiques, où règnent des ambiances chevaleresques, médiévales et fantastiques.
Metal-Archives | Bandcamp
Déjà le quatrième album studio pour le désormais duo finlandais. Vargrav nous transporte une nouvelle fois vers des mondes imaginaires et fantastiques, avec ce Black Metal aux claviers célestes et mystiques. Assurément pas la meilleure de leurs sorties, mais des morceaux qui font toujours le job.
Déjà le cinquième album en moins de dix ans d’existence pour le projet du dénommé Noise, officiant également dans Kanonenfieber. L’individu nous gratifie d’un Black Metal carré et mélodique, tout en nuances, aux compositions prenantes et épiques, dans la veine de Mgla. Un bon cru.
Deux ans après l’excellent Hrima, l’autrichien remet le couvert. On y retrouve ce Black Metal froid et hypnotique, aux incantations à la nuit et à l’intensité émotionnelle. Ce genre de musique qui s’écoute autant avec les oreilles que le cœur, tellement l’interprétation y est faite avec les tripes et la conviction.
Composé de membres de Nightside, Annihilatus a sorti son troisième album studio en près de 25 ans d’existence tout de même. Le duo semble bloqué dans une toute autre décennie. Leur Black Metal, bête et méchant, renvoie vers les pionniers du style tels que Beherit ou les premiers Baptism. Bas du front, primaire et dénué de toute originalité, Exterminate fait malgré tout le boulot.
Sous la bannière de Malpermesita Records, les Lillois ont publié leur quatrième album studio. Il est ici toujours question d’un Black Metal à la fois vindicatif, torturé et haineux, sans artifice. Le duo nous prouve une fois de plus leur maîtrise de l’art noir, aux compositions inspirées, soulignées par une solide production.
Flirtant sur la frontière du Death et du Black, l’énigmatique formation suédoise délivre ici son troisième album studio. Les sonorités sont compactes et dissonantes, l’atmosphère se révèle poisseuse et chaque martèlement, chaque riff, chaque incantation gutturale du vocaliste, tente de tirer l’auditeur vers les abysses. Une intensité qui rappelle les Hate Forest, Blood of Kingu, Altarage voire Svartidauði.