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Azgaroth - Tähdetön
Chronique par Storm - Publiée le 29/11/2025
Azgaroth - Tähdetön
Note : 3.5/6
Genre : Black/Folk Metal
Année : 2017
Label : Autoproduction
Pays : Finlande
Durée : 21:13
Tracklist :
1.
Tähdetön
05:20
2.
Havut
05:05
3.
Ikuiseen Virtaan
04:57
4.
Veri Verestä
05:51

Pas simple de se frayer un chemin dans cet univers indigeste de sorties diverses et variées, débitées en continu sur maintes plateformes. Pas simple non plus d’attirer l’oreille, le regard, d’accrocher le cœur au contact du diktat de l’instantanéité et de l’éphémère. Pas simple aussi de se désincarcérer des représentations, du catalogage et des certitudes d’autrui qui ont vite fait de vous tailler dans le gras ou un costard.

C’est avec cet EP d’une petite vingtaine de minutes que AZGAROTH pousse la grande porte en y croyant fort ! Et le quartet finlandais qui accueillera le claviériste Anti Myllynen pour accoucher de "Ikiunten Mailla" (leur premier LP), y va déjà fort sur ce "Tähdetön". Ce qui fera la force et la grande singularité du groupe préside déjà sur certains titres. Le chant déchiré de Sami hisse les compositions dans des strates agressives et rêveuses, les riffs grandement inspirés se ballotent les uns aux autres pour former un magma fécond propice à la création d’ambiances enivrantes et le jaillissement de belles émotions. Le concours du violon sur "Havut" fait léviter dans l’azur la pensée en la frottant à la candeur des étoiles. Et l’on a que peu de peine à se sentir emporté dans la cavalcade des nuages, à oublier le temps, à se perdre dans l’inconnu. À ce titre "Havut" est une très belle réussite d’un Black Metal mélodique mélancoliforme et intrinsèquement révolté. "Havut" dévoile en substance ce qui composera l’ADN de AZGAROTH : une agressivité tenace entremêlée de mélodies véloces et de leads quasi éthérés.

"Ikuiseen Virtaan" est cet autre titre brillant de cet EP. Construit sous l’égide d’un mid-tempo quasi-hypnotique, la langueur d’un synthétiseur ensorcelé appuyant ses notes dans un fond sonore impalpable et mouvant majore l’effet triste et désenchanté de ce titre. Sami appuie toujours autant sur ses cordes vocales et la tessiture de ces hurlements est poignante. Son jeu vocal mais surtout le grain de ses screams est singulier et sonne superbement selon moi. Je passe un peu sur le titre éponyme – non moins intéressant – mais plus convenu dira-t-on. "Veri Verestä" me fait un peu décrocher de l’EP. L’expérience de ce chant clair ne me convainc pas, et Sami fera bien mieux par la suite. Les emportements pourtant si savamment distillés sur les autres titres sont ici plus maladroits.

 Au final ce premier EP n’est ni le brouillon du futur premier album, ni une démo réenregistrée pour l’occasion. La production encore moyenne s’affinera avec bien plus de transparence et de précision dès l’année suivante avec la sortie de "Ikiunten Mailla" dont vous trouverez ici la chronique. Il était important pour moi de rembobiner le film discographique de AZGAROTH et de le dérouler par écrit totalement. AZGAROTH possède un avenir radieux et mériterait de recevoir le flambeau de Valfar (WINDIR). Dans tous les cas, c’est un groupe hautement recommandable et à suivre avec intérêt et passionnément.

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