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Nattfärd - The Abyss
Chronique par Storm - Publiée le 20/12/2025
Nattfärd - The Abyss
Note : 3.5/6
Genre : Black Metal
Année : 2023
Label : Amor Fati Productions
Pays : Suède
Durée : 29:30
Tracklist :
1.
Burning Black Dimension
05:20
2.
Heaven in Ruin
06:04
3.
Antichristus Adventus
03:48
4.
The Abyss
07:20
5.
Purgatorial Frost
05:11
6.
Fathomless Depths of Silence
01:47

Peut-être que vous pourrez penser que je tourne un peu en rond et que ma marotte de vous éclairer sur l’œuvre de Swartadauþuz est un feu de paille ou une sombre lubie. Quoiqu’il en soit, lorsque ce dernier s’acoquine avec Alex Poole et Likpredikaren — deux autres acteurs bien inspirés des scènes actuelles du Black Metal — pour former une nouvelle entité, je résiste difficilement à vouloir garder secret ce nouveau trésor. "The Abyss" est le second album, mais néanmoins pas le plus intéressant à écouter. Signé chez Amor Fati Productions, un label qui vous veut du mal, NATTFÄRD va vous tyranniser en moins de trente minutes cette fois-ci.

Si ce trio d’épouvante nous avait plutôt habitués à nous imposer la marche effrénée sur des sentiers balisés d’un Black Metal atmosphérico-symphonique, notamment au travers d’autres projets tout aussi récents (SECRETS, RINGARË et ARS HMU dont il me faudra un de ces jours vous parler), cette fois-ci tous trois nous orientent davantage vers la brutalité et la terreur mélodique d’un Black Metal hautement hanté par l’ombre suédoise d’un alliage comprenant les gemmes d’un DISSECTION et d’un MARDUK. La déflagration de l’un, correspondant au riffing tempétueux de l’autre, les gifles vocales qu’inflige Likpredikaren sont aussi une belle symbiose de cet agencement entre ces deux rives infernales.

Forcément accrocheur et vitupérant dès les premières secondes, le projet NATTFÄRD lâche les chevaux quasi instantanément, occasionnant par la même de multiples déflagrations soniques. L’artwork léché et cette belle pochette sont à l’image du contenu de l’album où se côtoie un monde menaçant, hostile et imprévisible. Les blasts omniprésents n’arrangeront en rien votre recherche de halte ou vos tentatives d’exfiltration, et pourtant elles restent nécessaires. Cette homogénéité des rythmes effrénés fait aussi de l’ombre au dépliement du message sonore. "The Abyss" est une œuvre qui ne s’attarde pas, quitte aussi à ne rien proposer de sensationnel. Et je dois bien dire que l’on se perd un peu dans ses méandres torrentiels.

Difficile donc de retenir une composition plus qu’une autre tant elles paraissent se ressembler. Les guitares en arrière-plan nuisent aussi à ne pas rendre plus intelligible cet album. De là à dire que "The Abyss" est faible ou moyen, foncièrement, je ne m’aventurerais pas à le dire ni à le penser d’ailleurs, n’exagérons rien tout de même. J’en veux pour preuve les superbes éclats mélodiques et de violence du titre éponyme qui dénote très certainement de l’album par des mélodies et quelques apparitions de leads plus intéressants. Le titre d’ouverture, "Burning Black Dimension", vaut son pesant d’écoute et la plus courte piste "Antichristus Adventus", si elle ne renverse pas la table, déploie une énergie plus furieuse et puissante encore, mais aussi davantage.

Du reste, à la lecture du premier album "Forestrealm Eternal" sorti un an plus tôt, à la production plus raw certes, les ambiances lugubres et les claviers mortifères viennent à nous manquer. "The Abyss" développe un son puissant et énorme il est vrai, mais souffre d’un manque d’identité et d’originalité. Difficile de la bouder, mais difficile aussi de l’imposer comme un album qui sublime ou saisit un pan génial des autres œuvres de ce trio infernal. "The Abyss" s’écoute bien, convainc mais ne vous décroche pas la mâchoire, du moins bien moins que le premier album.

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