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The Howling Void - Into Darkness Ever More Profound
Chronique par Storm - Publiée le 21/12/2025
The Howling Void - Into Darkness Ever More Profound
Note : 4.5/6
Genre : Funeral Doom Metal
Année : 2023
Label : Funere
Pays : États-Unis
Durée : 44:38
Tracklist :
1.
Into Darkness Ever More Profound
10:55
2.
Impenetrable Gloom
11:33
3.
Deeper, Darker Waters
14:25
4.
The End of Endings
07:45

Funeral Doom ne veut pas dire assoupissement prolongé ou sédation profonde. Ce style n’est pas une anesthésie générale en puissance mais bel et bien un style immensément profond, caverneux et doué d’éléments amples, grondants et ténébreux qui font tout autant sa lumière que son obscurité. Ryan Wilson fait partie de ses nombreuses touches à tout de génie qui peuplent les coulisses de la musique. Œuvrant dans de multiples groupes aux styles très différents de Metal extrême (Grind, Black, Doom, Crust, Death, Stoner et j’en passe…), il affiche à son compteur un solide chiffre de compositions émérites.

"Into Darkness Ever More Profound" n’est que le huitième album de son projet de Funeral Doom à tendance Symphonique, et je dois vous l’avouer, THE HOWLING VOID n’est pas un projet à la petite semaine qui associerait une petite boucle sonore déclinée sur un temps étiré à l’ennui. Ryan Wilson asphyxie tout autrement son auditeur, en le noyant de manière prolongée sous un déluge lent et pernicieux des mélodies d’un clavier aux multiples effets. Les riffs de guitare apparaissent alors comme des éclats de lumière froide et hostile qui teintent l’horizon d’orages grondants et insaisissables. Nous percevons alors quelque chose d’effrayant arrivant droit devant nous, est-ce la fin, est-ce le retour de quelque chose ? Quelque chose d’instinctuel en nous surgit, sommes-nous emportés, sommes-nous arrachés à nos désirs ? Valdinguons-nous parmi les flots d’un désespoir ? Sommes-nous des naufragés dans un l’océan de vie ? Essayons-nous de nous raccrocher à un quelconque radeau pour ne pas sombre en nous-mêmes ?

THE HOWLING VOID joue admirablement sa partition funèbre. Les superbes éclats mélodiques que la lead guitare joue à merveille sur les quatre titres, rajoutent une langueur poétique et sèment des graines de désespoir sous la peau, en la traversant et l’irriguant d’un désespoir victorieux. Nous sommes alors comme drogués, hypnotisés et guidés par les growls puissants de Ryan Wilson. D’ailleurs ceux-ci émaillent de temps en temps les compositions si bien que l’on pourrait croire que cet album est quasiment une œuvre instrumentale. Les chœurs qui accompagnent certaines parties des titres, à l’instar de la superbe track "Deeper, Darker Waters", renforcent l’épaisseur du sentiment de désespoir que l’auteur semble vouloir traduire sur cet opus. THE HOWLING VOID avait déjà frappé fort notamment avec des disques comme "Nightfall" aux atmosphères sombres et ternes ou encore au génialissime "The Womb Beyond The World" qui mettait les éléments symphoniques au service d’un Funeral Doom plus ténébreux que jamais. Sur cet album, l’aspect mélodique domine et larve totalement l’écoute, l’artwork superbe (comme sur les autres opus de la discographie d’ailleurs), confirme aussi cette tentative d’entraîner l’auditeur dans son propre ressassement.

Je remarque une certaine forme de fraternité avec le premier album de COLOSSEUM : "Chapter I - Delirium", son aspect funéraire et ses mélopées entêtantes marque au fer rouge le cuir épais de notre peau, fragilise quelque peu la cuirasse que nous nous constituons pour survivre à notre condition humaine parfois désenchantée. "Into Darkness Ever More Profound" est une sorte de coma vigil qui ne cherche pas la léthargie immobile mais semble espérer le retour à un éveil de vie, telle une longue inspiration après une apnée. Le disque est absolument digeste, les minutes ne paraissent jamais longues ni éprouvantes. Le réconfort mélodique paraisse matelasser les recoins de l’album prodiguant ainsi tout le plaisir de son écoute. THE HOWLING VOID a donc récidivé en produisant quatre morceaux intéressants qui nous rappelleront que l’automne bat son plein dans nos contrées et dans nos têtes.

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