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Thulcandra - Hail The Abyss
Chronique par Storm - Publiée le 21/12/2025
Thulcandra - Hail The Abyss
Note : 3.5/6
Genre : Melodic Black Metal
Année : 2023
Label : Napalm Records
Pays : Allemagne
Durée : 59:34
Tracklist :
1.
In the Eye of Heaven
06:53
2.
Hail the Abyss
04:35
3.
At Night
01:12
4.
Velvet Damnation
05:12
5.
On the Wings of Cosmic Fire
04:18
6.
Acheronian Cult
06:14
7.
As I Walk Through the Gateway
04:28
8.
Blood of Slaves
05:51
9.
In Darkness We Descend
01:37
10.
The Final Closure
07:59
11.
The Second Fall (live)
05:24
12.
Deliverance in Sin and Death (live)
05:51

C’est toujours pareil avec THULCANDRA, un sacré nombre d’auditeurs s’arrêteront à leurs fausses convictions – sans doute un peu forcées – de qualifier THULCANDRA comme une entité qui ne respire rien d’autre qu’à travers les poumons de Nödtveidt. Ah les cons, ai-je envie de leur dire ! Ou alors tant pis pour vous, vous ne savez pas à côté des pépites que vous passez. Stephen Kummerer, le créateur, l’esthète et principal compositeur du groupe, ne nous a pas encore concocté l’album de trop, n’en déplaise aux langues fielleuses. À nouveau, Stephen et sa clique, notamment avec le concours du guitariste soliste Mariano Delastik, nous livrent près d’une heure de Black Metal Mélodique comme il est si bon de s’en farcir les oreilles tous les quatre matins.

Revenir aux sources, c’est aussi revenir aux essentiels. Ce Black Mélodique de la fin des années 90 n’a-t-il pas réorganisé le chaos du Metal Extrême en lui faisant entrevoir de nouvelles perspectives, ou en le réarrangeant et en lui donnant un aspect plus recommandable ou acceptable ? Pour ma part, je le crois. Pousser le Death mélodique dans les retranchements du Black Metal l’a quelque part sauvé de tourner en rond, mais aussi lui a ouvert la voie. La jeunesse de cette époque était tellement prolifique et inspirée qu’elle nous hante encore. THULCANDRA reproduit cette ambiance non pas à l’identique mais en la prolongeant pour lui rendre l’éternité qu’elle mérite. Voyez comme des titres tels que "Velvet Damnation", le titre éponyme ou l’opener "In The Eye Of Heaven", dès les premiers propos de l’album, nous embarquent dans les cercles vertueux et inspirants des albums "Slaughtersun (Crown Of The Triarchy)" de DAWN, "Ancient Gods Of Evil" de UNANIMATED (je me dois d’ailleurs de vous chroniquer ce groupe d’ici peu !) ou "Blood From Stone" de THE MOANING, parsemés de mélodies cristallines, entraînantes et savamment accrocheuses.

À la différence des anciens albums, et notamment du véloce et vitaminé "A Dying Wish", ce nouvel album a diminué un peu les tempos. Si cela fonctionne très bien notamment sur le titre formidable "… The Final Closure" qui conclut l’album d’une belle grâce, d’autres titres n’ont pas cette même ingéniosité. "On The Wings Of Cosmic Fire", "Acheronian Cult", "Blood Of Slaves" ne nous font pas décoller bien que chacun d’entre eux comporte des riffs intéressants. Et c’est peut-être cela qui me fait un peu tiquer sur ce cinquième album. THULCANDRA nous avait habitués à des solos incroyables, une mélodicité sans faille et une haute virtuosité des riffs, mais sur "Hail The Abyss", globalement les titres sont plus convenus et moins palpitants, et ce malgré la plus grande variété des rythmes. Le chant de Stephen paraît aussi plus étouffé et moins intelligemment mixé. Je passe aussi sur les deux titres live dont l’intérêt reste selon moi très limité. Fidèles à leurs habitudes – tout comme DISSECTION aimait le faire – les deux petits interludes à la guitare acoustique restent toujours des bulles sonores mélancoliques très appréciables.

Au final, "Hail The Abyss" est un peu en demi-teinte, mais attention cette critique est valable compte tenu de l’incroyable technicité émotionnelle à laquelle le groupe nous a habitués. Mais cette fois-ci hormis les titres que je vous ai cités en début de chronique et les deux pièces acoustiques, pas autre chose de sensationnel ne bouge vraiment. Pas bien grave hein, ce n’est que partie remise pour le suivant. Merci THULCANDRA en tous cas de prolonger cette vision de la musique chère à nos cœurs nostalgiques.

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