Agrypnie - Erg
Chronique par Storm - Publiée le 24/12/2025
Agrypnie - Erg
Note : 3/6
Genre : Black Metal Moderne
Année : 2024
Label : AOP Records
Pays : Allemagne
Durée : 53:38
Tracklist :
1.
Aus rauchlosem Feuer
07:28
2.
Meer ohne Wasser
07:02
3.
Sturm
06:00
4.
Blut
07:22
5.
Entität
07:24
6.
Stunde des Wolfes
06:04
7.
Geister
05:32
8.
Unter Sand
06:46

Fidèle à eux-mêmes, le duo allemand que compose dorénavant AGRYPNIE mène tambour battant son chemin sonore sous l’impulsion de Torsten Hirsch aka "Torsten Der Unhold", qui officie sur le encore plus Prog et Avant-Gardiste NOCTE OBDUCTA (dont je vous conseillerais surtout l’écoute des deux albums de la série "Nektar" parmi l’opulente discographie). Jamais trop dark, jamais trop brut, mais toujours proche du Black Metal, avec des saillances agressives assez marquées et ce depuis leurs débuts datant d’il y a déjà vingt ans, AGRYPNIE a encore nombre de choses à nous dire et à nous transmettre.

Je ferai mes devoirs, car j’avais laissé AGRYPNIE avec son album fabuleux "Grenzgænger" – qu’il me faudra vous chroniquer incessamment, c’est certain – et la patine de cet opus datant de 2018, je peux vous l’affirmer, n’a pas subi l’usure du temps. Quid de "Metamorphosis" alors, sorti depuis ? Je ferai ma séance de rattrapage. Dans tous les cas, "Erg" démarre très fort avec un titre d’ouverture qui donne le ton d’un Black Metal toujours très moderne. S’alliant volontiers aux us et coutumes sonores actuelles, alliant des éléments Post, des accointances parfois Électro et d’autres plus Prog et planantes, mais avec beaucoup plus de véhémence que les disques précédents, "Erg" envoie davantage de bois. Et c’est peut-être le point central de ce nouvel album : AGRYPNIE s’est sacrément énervé sans sacrifier pour autant ce qui fait le sel du groupe : haute teneur en mélodicité, compagnonnage atmosphérique et ambiance désabusée.

Mais tout n’est point parfait sur ce nouvel opus. J’en veux pour preuve le ventre mou un peu imposant de "Erg". Le titre "Sturm" sonne comme du déjà entendu et la doublette "Blut – Teil I" et "Blut – Teil II" me laisse un peu de marbre. L’instrumental me fait penser à une bande-annonce cinématographique, là où le second titre n’arrive pas à décoller malgré un embonpoint mélancolique bien intéressant en tout début du morceau. Point noir de "Erg", le titre "Entität", long et peu inspiré. La diction de Torsten ne colle pas et les effets sonores qui l’animent accentuent ce sentiment. La fin de l’album redore un peu le blason de ce septième album. "Stunde Des Wolfes", très Black Mélo dans l’âme, arrive sans peine à maintenir notre attention avec une structure de riffs très bien composée ; le bémol restant étant cette batterie un peu trop linéaire à mon goût. Puis vient enfin "Geister", une pièce très Prog dans sa première large moitié - mais jamais New-Age, je vous rassure. Éthérée et gracieuse, ce titre bien composé, qui s’emballe davantage dans sa seconde partie avec l’arrivée du chant de Torsten, nous refait enfin frissonner.

Au final, je reste un peu circonspect sur ce nouvel album. Rien à redire du côté de la technique, quoique le jeu du batteur ne m’a pas complètement enchanté et les vocalises de Torsten ne m’ont guère plus emballé que cela, "Erg" n’est tout de même pas d’un niveau égal à "Grenzgænger" ou d’un "16[485]" – le plus connu et reconnu des albums de AGRYPNIE. J’aimerais ne pas être trop sévère, mais si je fais le bilan et que je compte les points, je dois bien me convaincre que je n’y reviendrai pas tant que cela. L’album risque d’être bien moins écouté que les autres sus-cités. J’attendais mieux et j’avais aussi cet espoir nourri. Je reste donc sur la réserve en attendant la suite.

17 lectures