Un groupe de black metal peut avoir un statut culte (ou l'avoir eu temporairement), une longue et riche discographie, et être tout à la fois passé sous la plupart des radars : l’un des meilleurs exemples en black metal est le cas du projet allemand Todesstoß. Vingt-deux ans de carrière, huit albums, un nombre conséquent d’EP, de démos et de splits, non des moindres, puisqu’on retrouve des collaborations avec Deathgate Arckanum et Circle of Ouroborus.
Les débuts de Todesstoß donnent déjà le ton de leur musique : absolument maladive. De démos en EP, le groupe est rapidement entré dans les mémoires avec son black metal loin d’être conventionnel, hurlé et décharné, très influencé par la période années 1990 de Bethlehem.
Hirngemeer va plus loin. En plus d’être maladif, il faut ajouter tout un champ lexical : déphasé, discordant, décalé, bref, en rupture. Certains auditeurs pourraient même légitimement avancer que « rien ne va ! ». Je vais user de beaucoup de superlatifs, puisque que dire d’autre face à cette exagération formelle ? Qu’il s’agisse des breaks, des tremolos, des blasts ou des longues parties ambient, tout sonne faux, laid et d’un autre monde. Sorte de black metal atmosphérique et dépressif (!), rongé par la réverbération et mille autres effets contre-nature, les titres sont très longs et paraissent ne même plus être du black metal, au sens classique du terme, tant ils sont interminables, à force de structures parfois inexistantes et surtout déviantes. Guitares folles, hurlements stridents, production extraterrestre : rien n’est agréable, tout est perturbant, mais c’est à la fois tout aussi fascinant.
Et si c’était ça, le black metal, en fin de compte ?