Bipolar Architecture - Metaphysicize
Chronique par Storm - Publiée le 29/12/2025
Bipolar Architecture - Metaphysicize
Note : 3.5/6
Genre : Post Black Metal
Année : 2024
Label : Pelagic Records
Pays : International
Durée : 40:36
Tracklist :
1.
Metaphysicize
05:25
2.
Disillusioned
04:16
3.
Death of the Architect
05:51
4.
Kaygı
06:55
5.
Alienated
05:42
6.
Immor(t)al
06:11
7.
Dysphoria
06:16

S’inscrivant dans la mouvance Post, BIPOLAR ARCHITECTURE nous livre un second album cette année haut en couleurs sombres et volontiers dépressogène. Ce combo international capte entre la Turquie et l’Allemagne des ondes qui n’augurent rien de bon sur le moral du groupe. Et pourtant, si ce nouvel album ne sent pas vraiment la joie, je vous propose d’écouter son premier opus "Depressionland", dont le titre ne fera pas mystère, mais dont les instrumentations puent davantage la poisse et l’engluement que sur "Metaphysicize", c’est dire !

Et dès le début du titre d’ouverture, nous ressentons une chape de plomb lentement couler au fond de nous. En découvrant le clip, ses images imprégnées de la solitude urbaine, de l’impersonnel et de l’anonymat des souffrances communément vécues dans les villes, quelques colères, quelques angoisses remontent de nos profondeurs. Le désespoir reste puissant et omnipotent dans les compositions de BIPOLAR ARCHITECTURE, mais la puissance de feu des guitares nous autorise à ne pas juger une quelconque sensiblerie de la part du groupe. Nous avons plutôt à faire avec ces sentiments amers et fatalistes qui se ressentent au centuple par les leads invariablement souffreteux et beaux à la fois. Et certains d’entre eux marquent les esprits, je pense notamment à ceux superbes qui jaillissent sur le titre éponyme, mais aussi ceux de "Death Of The Architect".

J’ai lu quelque part que du chant clair n’aurait pas été de refus. Je partage ce ressenti car le chant screamé de Sarp Keski n’est pas non plus exceptionnel. Quelque chose pourrait nous faire penser à une certaine forme de linéarité ou à une non-prise de risque. Mais peut-être est-ce un choix délibéré de contenir le chant tout en laissant la part belle et la primeur à la guitare lead. Et si c’est le cas, le pari est réussi. D’ailleurs, à l’écoute de cet opus, j’ai parfois pensé à quelques beaux titres du groupe japonais ENVY, car il y a un peu d’atmosphères Screamo qui transpirent des pores de BIPOLAR ARCHITECTURE. Le titre notamment "Kaygı" m’y a fait penser. Dans la langue turque, ce titre ("Kaygı" = la peur) se débat très bien avec ces montées progressives de leads avant explosion. Et c’est vrai qu’en l’écoutant bien, l’on peut remarquer aussi quelques éléments à la EXPLOSIONS IN THE SKY version Metal dans un registre qui pourrait parfois nous réévoquer ISIS ou RUSSIAN CIRCLES.

Le son est moderne et les ambiances l’assurent. BIPOLAR ARCHITECTURE est un groupe en devenir mais avec déjà une personnalité marquée. Le bémol de cet album reste le manque de variété des titres et leur trop grande similarité. Mais tous comportent des parties intéressantes (la seconde partie de "Alienated" superbement puissante par exemple), et permettent une écoute jamais ennuyante. Je pose donc un œil attentif au futur de BIPOLAR ARCHITECTURE et me remets de ce pas le bel hymne de l’album "Death Of The Architect".

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