Si vous ne connaissez nullement ce onemanband, je vous demanderai très certainement d’écouter en préambule l’album de 2018, "Your Ultimate Urban Nightmare", chroniqué en ces lieux et qui avait dévoilé un certain talent au sieur Nathanael qui en compose tous les éléments. Cette fois-ci, après un album en demi-teinte sorti l’année dernière, "The World Without Us" reprend le flambeau désespéré et partiellement sombre contracté par l’album de 2018 et qui m’avait passablement allumé le cœur à l’écoute de titres tels que "Alienation".
Mais que vit donc Nathanael en tapant le macadam de sa foulée mélancolique ? Cette fois la machine infernale du désespoir et de la souffrance s’est beaucoup plus lovée sous les ailes noires du Black Metal que sur les albums précédents davantage bordés d’éléments Post. Et ce n’est pas évidemment pour me déplaire. Plus brut de décoffrage et moins vaporeux, "The World Without Us", comme son nom l’indique et comme sa pochette la représente, tente de livrer une vision post-apocalyptique d’une nature reprenant enfin ses bons droits.
Et je dirai que la formule fonctionne plus ou moins bien sans jamais réussir à ébahir. Le titre éponyme est fort long certes, mais il est à mes oreilles le plus intéressant. Le riffing mélancolique et la diction désespérée de Nathanael sortent cette composition de sa grande torpeur. J’apprécie aussi les leads de "The Great Catastrophe" et les parties en mid-tempo, beaucoup moins les blasts qui me font perdre mon attention et que je trouve un poil irritants. La faute aussi au son de la batterie et notamment des cymbales dont le rendu crissant et mal détouré pourrait un peu hérisser. Et si "The World Without Us" ne nous fait pas vivre des émotions incroyables, il reste néanmoins un bon disque dont l’écoute n’est jamais trop ennuyeuse.
Mais pour tout dire, au fur et à mesure que j’ai retenté cet album, mon plaisir a lentement mais sûrement décru. La voix hurlée de Nathanael a eu tendance, au fur et à mesure du temps, à m’agacer de temps à autre. La longueur des titres et leur grande homogénéité m’ont aussi conduit à difficilement contenir mon impatience. Ce n’est pas toujours simple de rentrer dans un album et encore moins de le faire vivre dans le temps au-delà des premières écoutes. BONJOUR TRISTESSE attisera toujours ma curiosité. Son Black Metal teinté de Post sera toujours pour moi relié à la dépression et à la solitude des villes, ce que Nathanael développe très bien au travers de ses paroles. Je retiens donc ce titre éponyme impeccablement construit et pourvoyeur d’émotions et j’ai envie de vous dire c’est à peu près tout. La note sera donc moyenne mais sans plus.