Conjuring - Odium
Chronique par Storm - Publiée le 01/01/2026
Conjuring - Odium
Note : 4/6
Genre : Atmospheric Black Metal
Année : 2024
Label : Kernkraftritter Records
Pays : Suisse
Durée : 46:18
Tracklist :
1.
Ignis in Corde
06:15
2.
Fragore
06:37
3.
Veteres
02:19
4.
Stellae
07:49
5.
Finem Generis Humani
05:00
6.
Odium
08:09
7.
Silva
07:17
8.
Silentium
02:52

Troisième album pour ce onemanband qui nous provient de Suisse et sur lequel je ne m’étais jamais épanché. Chose faite, et avec une sacrée dose de satisfaction tant j’ai apprécié rapidement cet album homogène d’un Black Metal atmosphérique rupestre et forestier. À l’image de cette photographie prise par Alvar elle-même, entourée de ses enluminures caractéristiques, nous plongeons corps et âmes, et ce dès les premières secondes, avec ce field recording où nous pouvons entendre les chants de passereaux nous entourer et nous solliciter à faire chemin ensemble. La recette a été certes déjà utilisée, mais elle fait toujours mouche, surtout si l’on écoute avec ferveur et candeur chaque album de Black atmosphérique qui tombent dans l’escarcelle.

J’y retrouve avec passion les ambiances du dernier album de AŪKELS : "Meddjan Sklāit Ten", mais aussi les étreintes de GALLOWBRAID avec une petite pointe d’un Cascadian Black Metal à la WOLVES IN THE THRONE ROOM, teinté de petites touches épiques qui pourraient nous faire imaginer la survenue d’un CALADAN BROOD aux entournures. Ma soif non étanchable de Black atmosphérique est aussi très exigeante, et pour qu’un album reste dans les filets, il se doit à minima d’être émouvant et complexe. CONJURING fait partie de cette frange de groupes qui savent développer des émotions avec talent en trouvant des riffs parés d’éclats chatoyants. Côté Suisse, CÂN BARDD jouit d’une certaine aura, mais les albums me laissent pas mal de marbre, allez comprendre. Il y a aussi les très intéressants UNGFELL quoique sa dernière mouture m’a laissé un goût mitigé, mais j’espère bien que CONJURING y fera un beau chemin et prendra bien plus la lumière.

J’aime beaucoup ce son des guitares qui s’amalgament aux claviers et forment un bloc dynamique et compact à la fois. Cette forme de « mur de son » permet à nos propres émotions de s’y agripper et de maintenir une tension suffisante pour laisser la musique s’exprimer. J’y suis très sensible, et c’est pour cela que "Odium" me plaît et que des titres tels que "Fragore", "Igins In Corde" ou "Stellae" m’ennivrent à chacune de leurs écoutes. Mais je ne laisse pas les autres de côté. Le début de "Finem Generis Humani", et le riffing en général, m’ont fait penser à celui de la superbe track "Wanderings" des Américains de I SHALT BECOME, l’aspect glauque en moins. Mention honorable aussi au titre éponyme, un poil plus épique que les autres et qui tire son épingle du jeu avec ses breaks enchanteurs et quelques leads bien inspirés.

Comparativement aux anciens albums de CONJURING, Alvar a trouvé sa recette, et elle est bien plus homogène et mature. Néanmoins, je vous recommande de mettre un petit coup d’œil dans le rétroviseur, car il y a de sacrés tracks sur les deux premiers opus (j’aime particulièrement la piste "Black Sun" présente sur le tout premier "Universus", ou bien "Altar" sur le suivant "Vis Naturae"). Le chant notamment est devenu plus intéressant, même si je pense qu’il doit encore progresser. Dans le registre des autres vœux possibles, je formulerai aussi la venue d’une batterie non programmée, car même si les rythmes sont bien trouvés, il manque toujours ce charme naturel mais aussi des variations plus inspirées. Mais je m’arrêterai là, car si Alvar avec son projet CONJURING ne tutoie pas encore les cimes, il s’en approche et dispense déjà une ambiance singulière et efficace. Je garde donc une oreille attentive sur la suite et je remercie ce bel album pour les voyages qu’il m’a permis lors de mes randonnées estivales.

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