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Dark Horizon - Darkness Falls Upon Mankind
Chronique par Storm - Publiée le 01/01/2026
Dark Horizon - Darkness Falls Upon Mankind
Note : 4/6
Genre : Melodic Black/Death Metal
Année : 2024
Label : Autoproduction
Pays : Allemagne
Durée : 53:32
Tracklist :
1.
Secrets of the Nightmare Prophecies
04:25
2.
Darkness Falls upon Mankind
05:23
3.
The Awakening
03:21
4.
Old Gods
04:53
5.
Tempest of Ancient Screams
03:45
6.
In the Hall of Bloodstreams
03:17
7.
Am Tag meines Todes
07:13
8.
Funeral
03:15
9.
Ekpyrosis
07:40
10.
The Brimstone Gate (Naglfar cover)
04:54
11.
King of the Distant Forest (Mithotyn cover)
05:26

Avec cette pochette attrayante, et aidés par la palette des couleurs et la fantasmagorie, ce deuxième album de DARK HORIZON nous dévoile une certaine ambition. Visuellement, nous replongeons quasi instantanément dans certains artworks qui ont fait la légende d’une palanquée d’albums des 90s. Nous pourrions, chers lecteurs, dire de concert DISSECTION, EMPEROR, SACRAMENTUM, n’est-ce pas ? Et nous n’aurions pas tout à fait tort, savez-vous pourquoi ? Eh bien je vous le dis en mille, DARK HORIZON, au travers de ce "Darkness Falls Upon Mankind", plonge tête la première dans ces heures fastes de ce Black Mélodique Suédois porté aux nues par les légendaires labels No Fashion Records ou bien encore Black Mark Productions.

Dignes rejetons de cette scène, nos fiers Allemands nous assènent un album qui en sustentera plus d’un parmi vous. Les amateurs des groupes sus-cités ainsi que de NAGLFAR, LORD BELIAL, THE MOANING, UNANIMATED en auront pour leur grade, tant l’empreinte mnésique semble s’être imprégnée dans les cellules de DARK HORIZON. L’épigénétique qui en transpire nous dévoile encore une fois qu’elle est la science de demain. Mais pour revenir à nos non-brebis non-égarés de DARK HORIZON, retenons que le line-up s’est enfin stabilisé après une série de mouvements qui n’ont pas permis de concrétiser sans doute davantage de projets. Le groupe s’est créé en 2007 mais, hormis un album sorti cinq ans plus tard, et un petit EP un quinquennat suivant, DARK HORIZON n’a jamais saturé les ondes de sa prolificité. Si les rats ont quitté le navire, le chanteur rescapé Michael Vössing a bien su recomposer le groupe et le refaire renaître de ses cendres. Mais pour le coup, les cendres se sont envolées, dévoilant de magnifiques braises maléfiques bien avides d’embraser le monde.

Alors, profitant de vents bienfaiteurs, "Darkness Falls Upon Mankind" nous déroule la panoplie complète de ce que le Black Mélodique suédois comporte dans son ADN : un Black Metal glacial constellé de mélodies tenaces et cristallines et déroulant des vagues de riffs Heavy puissants, le tout porté par des envolées blasphématoires d’un chant agressif et possédé. La production, limpide comme de l’eau de roche, aide à sublimer ces neuf compositions bien inspirées, ainsi que les deux reprises de NAGLFAR (tiens, tiens !) et de MITHOTYN (bravo, quel plaisir !). Cela faisait assez longtemps que je n’avais plus entendu un album sonner comme au temps jadis. Sans devenir une sombre ou pâle copie des originaux, DARK HORIZON arrive à tirer son épingle du jeu en maintenant une belle attention d’écoute. La haute technicité des musiciens et la beauté des riffs trouvés dopent cette impression. Des titres tels que "The Awakening", "Tempest Of Ancient Screams", "Secrets Of The Nightmare Prophecies", ou bien encore le morceau éponyme, feront périr par les flammes les plus audacieuses critiques. Tout y est ! Hautement accrocheurs, ces titres se seraient facilement hissés au panthéon du Black Mélodique il y a trente ans de cela… Mais ne les parjurons pas, tout comme l’entièreté de l’album d’ailleurs, qui reste sauvage et sacrément bien ficelé.

Nous faudra-t-il nous contenter de notre nostalgie, de nos souvenirs éculés et délavés ? Sans doute pas. DARK HORIZON donne envie de se replonger dans quelques-uns de ces albums des années 90 avec délectation. Et si la bande à Michael Vössing marque un beau coup en ce début 2024, j’ai déjà hâte d’écouter son futur album, tant j’imagine que ces Allemands en ont sous le pied. Quelques éléments restent perfectibles. Et si je me veux rêveur, je demanderai notamment l’introduction de quelques éléments acoustiques, des titres instrumentaux, un chant plus rauque et moins criard, et davantage de variété rythmique pour casser quelque peu la linéarité d’écoute. Ceci pour conclure aussi et laisser dans ma note finale une progression probable. En attendant, je (re)contemple cette pochette juste superbe !

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