Après PSYCHONAUT 4, voilà qu’un autre belligérant tombe à son tour. Moi qui, depuis le faux-pas maladroit ou vertigineux (la suite permettra d’affiner le qualificatif) des Georgiens, étais atteint de bruxisme, voilà que j’ai de quoi me déchausser à nouveau quelques dents. Parfois, j’apprécie poser quelques questions aux groupes pour glaner des informations supplémentaires et ainsi avoir différentes billes en ma possession pour plonger dans un album, eux ne m’ont jamais répondu, faut-il y voir un désintérêt ou une lassitude ? Je ne saurais dire.
En tous cas, cette chronique n’est pas un règlement de compte (je touche toujours Terre, je vous rassure), mais plutôt l’expression d’une amertume. Le précédent et court album, "Unveiling The Palest Truth" (vingt-trois minutes au bas mot), m’avait laissé suffisamment de marbre pour jeter plutôt mon dévolu sur l’EP sorti quelques mois plus tôt, "Within Haunted Chambers", dont vous trouverez en ces pages la chronique. À trop vouloir espérer d’un groupe qu’il sublime ce que l’on fantasme en lui, on se prend parfois un retour de boomerang dans la tronche. Et je dirai que c’est tout à l’honneur des Australiens de DEADSPACE d’ailleurs d’évoluer et de choisir la direction qui seule les intéresse. Oui mais voilà, cette fois, le chemin pris avec "The Dark Enlightenment" est, à mon sens, bien trop consensuel et beaucoup moins singulier / identifiable.
Passer d’un DSBM qui portait aussi l’espoir de réinventer la roue, ou du moins prolonger l’univers désolant et laissé pour compte par SHINING notamment, mais aussi de continuer les efforts de leurs congénères de WOODS OF DESOLATION, à un Black Metal sans grande envergure, même s’il lorgne davantage vers le Death, me laisse pantois. Pourtant, ce projet initial ne semblait ni vain ni fortuit, et DEADSPACE avait de solides arguments pour cette reprise de flambeau : riffs solides, vocaux espiègles et désenchantés, ambiances mortuaires à souhait. Rien de vraiment cela au sein de "The Dark Enlightenment", vous l’aurez compris. Alors, certes, la technique des musiciens est toujours de haut niveau et il y a bien quelques passages qui sauvent la baraque, je pense au titre "Dysgeusia", surtout bien plus désespéré que les brutaux autres. Mais pour ce qu’il en est du reste de l’album, je m’ennuie assez fermement, l’écoute se fait mais ne produit pas d’émotions particulières, l’album passe et repasse courtoisement sans lever l’attention.
J’en attendais pourtant autre chose, alors ne prenez pas cette chronique pour argent comptant, car elle est à la mesure de ma déception. Les amateurs de dissonance et d’un Black / Death à la petite semaine en auront pour leur grade, car DEADSPACE ne fait pas absolument tout de manière monotone ou désagréable. Si cela ne prend pas pour moi, il est possible que d’autres en saisissent une tout autre substantielle moelle. Je serais d’ailleurs ravi d’obtenir leur avis. En attendant, je me demande bien encore si je retrouverai le DEADSPACE des albums dingues que sont "A Portrait Of Sacrificial Scars" ou bien encore "The Grand Disillusionment" et sa pochette bien immonde.