Accueil > Chroniques > Deapscufa - Eternal Tranquility
Deapscufa - Eternal Tranquility
Chronique par Storm - Publiée le 02/01/2026
Deapscufa - Eternal Tranquility
Note : 5/6
Genre : Black Metal Mélodique
Année : 2024
Label : Autoproduction
Pays : États-Unis
Durée : 31:43
Tracklist :
1.
Confliction
04:40
2.
The Expedition
05:35
3.
Before I Drift Under Snow
05:18
4.
Interlude
02:55
5.
The Obsidian Blade on the Forest Floor
03:56
6.
Wielding Fire
04:17
7.
When Silver Fades to Dust
05:02

DEAPSCUFA n’est pas du tout un pastiche de EPHELES mais ce projet en revêt quelques similarités bien honorifiques. Notamment cette ambiance vertigineuse que l’on ressent comme un vent glacial vous mordant la peau lorsque les blasts sont à la mitraille, que les leads s’égrènent de manière hantée et vampirique et que les vociférations vous glacent le sang. Je vous avais présenté dernièrement le dernier album "Spellbound" qui, vous l’aurez remarqué d’un rapide coup d’œil, reprenait également un détail du tableau "The Black Prince at the Battle of Crécy", peint par James Russel Story. Passionnante, cette sortie s’est hissée allègrement en sélection du site, de par ses qualités mélodiques plus qu’intéressantes et la grande science de Nick Hadley, le compositeur et fondateur de DEAPSCUFA, à trouver comme ressource des ambiances très qualitatives, axées symphoniquement sur des notes très enveloppantes.

Avec cet album, "Eternal Tranquillity", qui le précède d’une année, le sieur s’était surtout attaché à développer les aspects les plus mélodiques de ses inspirations. Moins symphonique et bien plus axé riffs, ce second album se sublime à lui-même. La production assez nébuleuse apporte cette touche atmosphérique fort appréciable pour développer des intrications d’ambiances. Si les guitares restent véloces et les quelques nappes de claviers éparses suffisantes pour former un halo neigeux, la voix de Nick Hadley, avec son timbre jamais trop puissant, engourdit l’écoute d’une sensation hypnotique, et même si nous aurions pu fomenter l’idée de vociférations plus acerbes, son chant, au final, nous imprègne et nous enrobe de ce même halo que les claviers diffusent. Et c’est pour cela également que je rapproche ce projet des Français de EPHELES, tant leurs atmosphères paraissent communes.

Si l’album est court, une petite trentaine de minutes tout au plus, il ne tombe évidemment pas dans le piège de la longueur. Les titres ont cette efficacité pour eux de nous embarquer rapidement dans le tricotage de leurs rêveries. "Confliction", le titre d’ouverture, pourrait à l’évidence en être le mètre étalon tant sa prise est presque immédiate avec ses mélodies entêtantes, ses poussées rythmiques salvatrices et ingénieuses, ainsi que son ambiance lugubre et vampirique. Autre exemple également avec "The Obsidian Blade On The Forest Floor", qui ruisselle de par ses leads sensibles et des motifs sonores tout droit sortis des années 90. La mélancolie inhérente au mid-tempo un poil BURZUM-ien de "The Expedition" est également savoureuse, tout comme l’agressivité plus notable de "When Silver Fades Dust". Je vous recommande bien évidemment de ne pas omettre l’écoute submersive de la bien nommée "Interlude", avec ses claviers vaporeux et éthérés et sa flûte discrète. Le compte y est pour entamer un très beau voyage intérieur lorsque les guitares prennent l’assaut de cet éther à ciel ouvert.

Décidément, cet "Eternal Tranquillity" tutoie le très récent "Spellbound" avec une toujours si belle verve mélodique et atmosphérique. Décidément, le Black Metal n’en finira pas de disséminer ses graines noires sur les landes désertes du monde et d’en magnifier les substances et les substrats. Nick Hadley est un artiste qui rend honneur à ce style. Si les pochettes de ces deux albums sont complémentaires, que dire alors de leurs motifs sonores exceptionnels et enchevêtrés ? Définitivement un projet à suivre et deux albums passionnants à écouter.