Souvent j’ai écouté des groupes de Black Metal se planter lorsque l’envie leur a pris de s’amuser à faire de l’Ambient ou du Dark Ambient. Dernier exemple en date bien connu le "Satyricon & Munch" de SATYRICON. Je veux bien comprendre que Satyr et Frost tente l’affaire mais pas à ce degré inutile de superposer ou d’assembler des plages sonores qui ne collent pas du tout ensemble. C’est embarrassant et surtout ennuyant au possible tellement c’est long. N’est pas Gustaf Hildebrand, Brian "Lustmord" Williams ou Henrik Nordvargr Björkk qui veut de toute façon.
L’impression que j’ai c’est d’avoir des groupes de Black Metal qui cherchent à faire leurs expériences dans le cadre d’une crise d’adolescence retardée ou celle d’une quarantaine tassée ou à venir. Concernant les hollandais de FLUISTERAARS, et cet album qui nous occupe aujourd’hui, je dirai qu’il y a à boire et à manger. En tentant un melting-pot des sonorités cosmopolites ("Het Open Vuur Als Altaar"), ou bigarrées et à diverses endroits("De Diamant Van De Tussenwereld"), les drones arrivent de temps à autre à reprendre du souffle pour s’extraire du vortex terrestre. Il y a donc de quoi sustenter parfois l’amateur féroce de Dark-Ambient que je suis depuis de nombreuses années. Et puis il y a des pistes inutiles, chiantes comme la pluie ("Zwaar Van Daling Beladen", "Der Kunst".
Si je devais retenir quelque chose de cet album mi-figue mi-raisin pour moi, je garderais les sonorités industrielles de "Spirituele Vervreemding" qui me rappellent MZ.412, les géniaux BAD SECTOR ou dans un registre bien différent et plus Électro certains travaux de TIM HECKER. Il y aussi de quoi grailler un peu de sombreur dans le titre introductif "De Wieg Van Stormen". Tout comme "Spirituele Vervreemding", l’entremêlement avec des enregistrements de Field-Recordings est assez efficace, quoiqu’un peu maladroit. Difficile d’entendre le pouillot véloce chantonner au milieu de nappes ténébreuses. Bon, pourquoi pas, mais ça reste bancal en grande partie tout de même, et donc moyen au final.