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Forevercold - Hamvaim Fú​jja A Sz​é​l
Chronique par Storm - Publiée le 02/01/2026
Forevercold - Hamvaim Fú​jja A Sz​é​l
Note : 4.5/6
Genre : Atmospheric Black Metal
Année : 2024
Label : Autoproduction
Pays : Hongrie
Durée : 28:41
Tracklist :
1.
Elfújja a hamvaim a szél
06:16
2.
Vigasztalhatatlan bánat
04:24
3.
Engedj el
05:28
4.
Szürke horizont
03:13
5.
Végre eltűnök
05:15
6.
Búcsú napja
04:05

Je vous l'avais indiqué en fin de chronique du premier album "Sírboltod Alatt" qu’un nouvel album s’échafaudait, et "Hamvaim Fújja A Szél" vient juste de paraître comme pour compléter le flux mélancolique que FOREVERCOLD, au travers d’un one man band hongrois mystérieux et solitaire, a creusé parmi les plaines du Black Atmosphérique. Avec sa belle pochette présentant le tableau représentant les funérailles du poète anglais Shelley, mort en mer dans le golfe de Livourne, peint par l’artiste français Louis Édouard Fournier, FOREVERCOLD nous laisse hagard sur cette plage de désolation qui porte l’attention des vents marins et des horizons infinis.

Et les trente minutes de ce second album de 2024 restent vraiment empreintes de cette tristesse infinie – jamais trop sordide – que le compositeur sait nous assainir avec discrétion. Son chant clair sanglotant nous fait vivre des émotions vives transpirant l’incompréhension et le désespoir. L’appui des claviers – toujours délicatement composés et aux saveurs très souvent élégiaques avec ces chœurs éthérés – nous laisse embarquer à des vagues de rêverie et de sollicitude. Voilà donc qu’au travers de ces six compositions, toutes très délicates et parées d’une beauté mélodique, FOREVERCOLD nous laisse vaquer dans les sinuosités de nos esprits et faire corps enfin avec nous-mêmes dans notre entièreté mais avec cette porosité si difficile parfois à contenir.

Chaque titre comporte son lot de mélodies tenaces et d’harmonie. La longue litanie de "Vigasztalhatatlan Bána" nous amène à contempler le bûcher où gît Shelley nostalgiquement, et de prendre la mesure de sa beauté perdue et des espoirs partant en fumée sous la gouverne éternelle de la Nature et de la Vie qui continuent inexorablement. Il y a donc comme des vertiges ambiants qui s’amoncellent à l’écoute de ce nouvel album. Écoutez la belle pièce qu’est "Szürke Horizont" qu’encadrent et entremêlent une rage et un désespoir. Ou laissez-vous aller aux spectraux, "Elfújja A Hamvaim A Szél", mais aussi "Búcsú Napja", avec son piano soupirant et les râles de son auteur. À nouveau l’album – comme l’était le précédent – est d’une beauté saisissante, preuve s’il en est que, malgré les quelques mois qui le séparent de "Sírboltod Alatt", FOREVERCOLD se meut actuellement dans une démarche instinctive d’en dire beaucoup et avec brio.

Il était donc une fois FOREVERCOLD. Il était donc une autre fois ce passage entre lui et moi, entre sa dimension artistique et mon raisonnement interne, dans et parmi ce dialogue invisible et poétique ajusté par la seule puissance esthétique de voyelles invisibles et de notes gracieuses, fragiles à la fois. À l’instar de SEVEROTH, FOREVERCOLD sait nous faire migrer de manière gracile vers des nuages épais où la gravité n’est plus – un peu comme si, par hasard, ou magiquement, nous n’habitions plus notre peau humaine et que nous la délaissions au profit d’autres ailes avec comme seul désir ultime, celui de rejoindre une murmuration immuable à travers les cieux et les paysages.

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