Accueil > Chroniques > Forevercold - Utolsó Sz​í​vver​é​s
Forevercold - Utolsó Sz​í​vver​é​s
Chronique par Storm - Publiée le 02/01/2026
Forevercold - Utolsó Sz​í​vver​é​s
Note : 3.5/6
Genre : Atmospheric Black Metal
Année : 2024
Label : Autoproduction
Pays : Hongrie
Durée : 33:42
Tracklist :
1.
A létezés fájdalma
05:25
2.
A nyomorúság erdejében
05:50
3.
A halál álmain keresztül
05:57
4.
Magányos kín
06:13
5.
Színtelen világ
06:11
6.
Nem érdemes emlékezni
04:06

Avec un rendement aussi soutenu de près de quatre albums cette année, Adam qui officie aussi au sein de GORMOTH (huit EP et un album aussi en 2024 sans compter les splits), un one-man band bien plus atmosphérique encore, nous gratifie d’une bonne trentaine de minutes d’un Black Metal dont il n’a de cesse d’écluser tous les contours. J’avais été émerveillé par le très hypnotique "Sírboltod Alatt" sorti au printemps et puis dans la continuité "Hamvaim Fújja A Szél" avait confirmé tous les espoirs et les attentes. Plus mitigé avec la dernière sortie en date, "Amikor A Lelked Elcsendesült", je commençais à me demander si ce trop-plein de sorties n’allait pas jouer des tours à la qualité même des compositions d’Adam…

A fortiori ce nouvel album redresse quelque peu la barre. D’abord par un visuel qui renoue aussi avec les premiers albums de l’année. Cette fois-ci c’est "Le suicide de Sénèque" de Manuel Domínguez Sánchez – peintre très Vélasquézien – qu’a retenu Adam. Et cette œuvre magnifique nous laisse entrevoir la stupeur et le chagrin sur les visages décontenancés de l’entourage du philosophe stoïcien. D’ailleurs ce suicide pour la petite histoire fut ordonné par Néron qui soupçonnait – à tort – Sénèque de comploter, ayant même tenté d’empoisonner le philosophe sans succès quelques temps auparavant… Alors "Utolsó Szívverés" (littéralement : le dernier battement du cœur), reprend du service là où l’on attend le plus le Hongrois. Les complaintes désespérées de certains titres font mouche. Le piano par exemple qui introduit "Magányos Kín" et les nappes de claviers qui s’en suivront, apporteront tout ce qui fait le sel de FOREVERCOLD : sentiment d’abattement, nostalgie mélancolique et sentiments contrariés.

C’est avec ce genre de titres réussis qu’Adam nous guide vers les rives de son intimité fragile, en proie aux démons et en suspens dans le vide. Le déchirement et la douleur vive imbibent "Nem Érdemes Emlékezni", avec sa férocité endolorie et sa lutte prégnante contre l’effondrement tandis que "Színtelen Világ" nébuleusement hypnotique nous dresse le constat effroyable des échecs avec ses arpèges délicats, son jeu de cymbales assez caractéristique et ses vocaux déchirés amalgamés dans leurs propres tumultes. Ce Black foncièrement atmosphérique dans l’âme tend cependant de plus en plus à se prostrer dans une mélancolie tenace et épaisse, qui reste d’un très bel effet.

Mine de rien si vous avez jeté un coup d’œil à la tracklist vous avez aperçu et compris que je viens de vous parler exclusivement de la seconde moitié de l’album. Et, à mon sens, elle constitue l’intérêt de "Utolsó Szívverés" car l’album avait plutôt moins bien commencé. Les trois premiers titres restent assez convenus et ne déploient pas de motifs particuliers somme toute suffisamment accrocheurs et intéressants. La production plus brouillonne sur cet opus que sur les précédents faisant saillir aussi les imperfections, ce nouvel album pourrait ne pas trouver aisément son public. En même temps, si FOREVERCOLD ne varie pas son style, il reste assez singulier et ne démérite pas au niveau de la charge émotionnelle qu’il procure. Gageons que la suite confirmera tout le bien que je pense de ce projet.

15 lectures