Gaerea - Coma
Chronique par Storm - Publiée le 06/01/2026
Gaerea - Coma
Note : 3/6
Genre : Black Metal Moderne
Année : 2024
Label : Season Of Mist
Pays : Portugal
Durée : 50:48
Tracklist :
1.
The Poet's Ballet
07:39
2.
Hope Shatters
04:05
3.
Suspended
05:02
4.
World Ablaze
03:29
5.
Coma
05:19
6.
Wilted Flower
05:50
7.
Reborn
03:51
8.
Shapeshifter
06:24
9.
Unknown
04:24
10.
Kingdom of Thorns
04:45

GAEREA n’en a pas fini sans doute de creuser le sillon de sa propre célébrité. Et je dirai en premier lieu que si l’on peut affubler son Black Metal de l’adjectif moderne, c’est avant tout que les Portugais embrassent fougueusement les codes actuels des nouvelles générations de l’extrême. Comprenez une part non négligeable de visuel et de posture bien identifiables, et un son massif, ultra-produit et d’une accessibilité à large spectre. Et c’est aussi là que je m’inscris un peu en faux face aux averses dithyrambiques que l’on peut lire de ceci de là sur ce "Coma".

Oh oui, c’est sûr, c’est bien foutu. Écoutez-moi cette massivité du son et d’averses puissantes – mais gentilles – d’agressions sonores qui vont vous débouler à la tronche tout du long de ce "Coma" bien calibré sous tous rapports. Eux ont choisi des masques tirés d’une itération d’un énième jeu vidéo pour galvaniser leurs ambitions de mystère indétectable et intraduisible, tandis que d’autres continuent leur corpse paint ou font la moue avec leurs capuches. Bref, le savoir-paraître est important lorsque l’on souhaite se démarquer et percer, rien n’est futile, tout est dans le subtil détail. GAEREA l’a bien compris mais eux font aussi de la musique. Et ce Black Metal assez Mélodique, bien travaillé, à la technique irréprochable, avec batteur, chanteur et cordistes talentueux et impressionnants, produit un album qui, selon moi, ne fera pourtant pas date cette année.

Il plaira aux kids et aux curieux de sensations extrêmes, sans doute moins aux vieux larrons et autres ours mal léchés ou pseudo-gardiens du temple du trouduc du Black Metal. Si l’on rapproche GAEREA de tous les trucs que je n’arriverai jamais à encadrer, les REGARDE LES HOMMES TOMBER, UADA ou autre MGLA, force est de constater que l’album a beau passer et repasser dans mes oreilles, il n’arrive pas à m’émouvoir et semble se conduire comme un album qui peinera à croiser la postérité. Pourtant, il y a bien des titres qui sauvent ses fesses, "Suspended" en premier lieu, en second "Kingdom Of Thorns", et puis peut-être les quelques nappes de claviers de "World Ablaze"… voilà ! Aïe, diront certains d’entre vous, et je leur donnerai raison à court terme. La barrière du temps fera son œuvre, je vous l’affirme.

Après, je suis ouvert à la discussion mais sur un point, je ne faillirai pas. Pour moi, GAEREA n’est pas vilain mais n’apporte rien de spécial ni de nouveau. Héritiers intelligents et prodiges, ils produisent un disque assez convenu, sans émotions particulières, à l’agressivité prévisible mais pas effrayante, à la mélodicité sans faille mais non sublimée, à la souffrance perceptible mais déjà traitée. Je n’avais déjà pas apprécié les albums précédents, ce quatrième me plaît un peu plus, mais je n’en ferai pas un festin. De là à dire que c’est du Black Atmosphérique comme j’ai pu le lire, au secours ! Définitivement, nous n’avons pas écouté le même disque. C’est un album de Black Mélo avec des accointances certaines Post dans le fond et la forme. Un disque new-school, un disque qu’il est bon de faire découvrir pour en mettre plein la vue à ses nouveaux petits copains ou pour passer pour un rebelle écorché devant sa nouvelle conquête. De là à en dire que c’est du Black Metal, c’est assez juste, je dirai, mais c’est une concession.

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