Cet album est vraiment à vous partager tant il palpe et tâte des terres assez vierges au sein de votre webzine. Ne vous attendez pas à un disque d’extrémiste mais bien à un album flirtant entre plusieurs styles pas si antinomiques que cela. "The Dry Land" est le troisième effort de ce quintet américain, le plus bourru des trois et sans doute l’unique qui obtiendrait son ticket pour figurer dans les colonnes de NiME. Les deux précédents opus virevoltent davantage vers de l’Americana même si la chape d’un Stoner sombre les enserre en les encerclant.
"The Dry Land" est délicat à chroniquer tant cet album amalgame des styles différents. Certes il reste Stoner dans l’âme mais oscille fréquemment vers un Post-Metal souvent atmosphérique et rompu aux riffs bluesy, et des embardées frénétiques touchant peu ou prou à des blastbeats de Black Metal. Les éléments Folk-Americana sont aussi présents et permettent de faire redescendre les tensions qui pourtant régulièrement s’écharpent pour se libérer. "Lean Time" qui succède au véloce "Cruelly Dawns" et au très dense titre d’ouverture "This, Our Gospel", nous permettra de retrouver nos esprits en nous reconnectant à cette bande-son très américaine. Et parlons-en un peu de cet opener, tiens ! Le plus Metal de l’album mais aussi le plus riffesque avec ces guitares saturées grasses mais aussi… aériennes. Ce titre est une réussite tant il nous conduit dans un ascenseur émotionnel continu.
Le son très propre et puissant de la basse/batterie dans ce "The Dry Land" permet de nous laisser embarquer naturellement aux nappes sludgy/bluesy des guitares avec un effet émotionnel intéressant. Je pense notamment au titre "In Time, All Things" qui concentre un peu toutes ces impressions. La richesse des différentes voix qui nous sont proposées sur cet album et leur alternance entre clarté, scream, susurrements, chœurs et voix contées constitue une vraie plus-value dans les écoutes. Aimée Bueno, la frontwoman est impeccable à son poste et assure un travail saisissant et central. La palette vocale des HUNTSMEN est prodigieuse et constitue à n’en point douter un terreau fertile pour des live incroyables. Écoutez "Cruelly Dawns", ou bien encore le Doom/Stoner de "Rain" pour vous en assurer.
À vrai dire je n’étais pas habitué à écouter ce type d’album que j’aurais volontiers qualifié de bien trop mainstream pour mes esgourdes. Bien mal m’en a pris lorsque dès les premières écoutes, "The Dry Land" a fait produit son office avec ces métamorphoses ingénieuses. La lecture de cet album n’est pas aisée de prime abord tant elle marie avec brio nombre d’influences variées dont le résultat pourrait être un genre de Post-Rock/Metal qui pourrait vous rappeler CULT OF LUNA, PELICAN voire parfois JESU. HUNTSMEN ne bouffe pas à tous les râteliers mais sait contenter un large public, entre ceux friands de brutalité éparse et passablement épris de rythmes furieux, et d’autres plus amoureux de virées émotionnelles bluesy et d’éléments Folk mâtinés d’un Stoner bien épais.