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Isolert - Wounds Of Desolation
Chronique par Storm - Publiée le 08/01/2026
Isolert - Wounds Of Desolation
Note : 4/6
Genre : Melodic Black Metal
Année : 2024
Label : Non Serviam Records
Pays : Grèce
Durée : 38:15
Tracklist :
1.
The Downfall's Monologue (Intro)
01:35
2.
The End of Beauty
04:22
3.
Flesh. Torn. Asunder!
02:57
4.
Where Dreams Die
05:04
5.
Children of the Void
03:35
6.
Spewing Venomous Gloom
04:50
7.
Herald of Demise
06:33
8.
Reflections of Nothingness
09:19

La scène hellénique du Black Metal extrême n’en finit pas de confirmer son importance internationale et sa griffe singulière. Il y a les poids lourds (VARATHRON, ROTTING CHRIST, NAER MATARON, NECROMANTIA, SEPTICFLESH) qui ont participé à son aura et ne baissent pas les armes, les infréquentables (DØDSFERD, TERRA TENEBRAE, HUMAN SERPENT) qui perpétuent la hargne – véritable identité de cette scène singulière – et la jeune garde en devenir (YOTH IRIA, HAIL SPIRIT NOIR, KVADRAT, SØRGELIG) déjà rompue à l’exercice et confirmée par le sceau du talent. Le quartette que compose ISOLERT fait partie de cette nouvelle génération de musiciens qui possèdent de sacrés arguments, ont des choses à dire et nous le font sentir sans demi-mesure.

Avec son Black Metal mélodique ultra-véloce et féroce avec des pointes Heavy bien marquées, ISOLERT joue vite, joue fort avec une mélodicité poussée à un bon niveau, mais heureusement dirai-je cela reste très Black Metal, notamment sous l’impulsion de la scansion diabolique de son chanteur, Panagiotis T., avec ses screams bien allumés – un peu à la Wrath de DØDSFERD sans le côté dérangeant et crude – même s’il résonne un poil trop canardeux à mon goût. Hormis cela, il est aisé de concéder de très bons points à ces Grecs. Sans renverser la table, ils arrivent tout de même à sortir un déluge de riffs impeccables qui s’insèrent facilement avec une ambiance foncièrement atrabilaire et très agressive. Le rôle des guitares est prépondérant chez ISOLERT et à ce petit jeu-là, l’attention est accentuée sur la guitare lead qui nous confère de belles émotions et fait scintiller des ambiances intéressantes.

Et c’est peut-être là que réside l’attrait de ce "Wounds Of Desolation". L’alternance ou la jonction permanente ente férocité et mélodicité attire l’oreille, la comble et la fait saigner tout autant. Petit exemple, la piste "Where Dreams Die", particulièrement survoltée, furieuse et pourtant densément mélodique. Sans aucun doute, selon moi, le titre ultime de ce troisième album. Les ingrédients qui font la recette originale de ISOLERT sont ici réunis. Le plaisir d’écoute atteint son apogée mais je vous rassure, ce titre s’il dépasse d’une courte tête les autres, donne surtout envie de plonger dans les autres. Le suivant d’ailleurs, "Children Of The Void", pourrait bien enfoncer le clou de la surprise tant il dynamite au moins de quatre minutes les dernières inquiétudes. Et si "Reflections Of Nothingness" pourrait vous paraître un poil long avec ses plus de neuf minutes, il dévoile aussi toute l’étendue de cette réciprocité mélodique et brutale que ISOLERT arrive à déployer dans un mid-tempo tantôt quasi Heavy, tantôt Raw. Lorsque l’album se termine, l’impression générale qui se dégage est ce sentiment d’avoir traversé un Metal extrême prolixe et varié, qui rappelle il est vrai l’ambiance générale de certains albums de leurs compatriotes de DØDSFERD.

Tout n’est point parfait et je reste un peu sur ma réserve concernant "Flesh. Torn. Asunder!" et "Spewing Venomous Gloom" qui manquent d’éclat surtout si nous les comparons aux autres titres. Mais je pinaille car ISOLERT produit un album de très bonne facture. Pas de ceux qui vous renversent de votre chaise, mais de ceux dont il est difficile de médire ou de maudire, de ceux encore qui restent fougueux malgré les épreuves du temps. "Wounds Of Desolation" trouvera son public parmi les Blackeux et ceux très certainement qui restent attachés à l’aspect mélodique et Thrashy que doit comporter un album pour éveiller leur attention. ISOLERT avec cet opus pugnace relie ces deux mondes et promet des lives monstrueux qui défendront son album en défoulant les foules.

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