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Lunar Spells - Sacraments Of Necromantical Empires
Chronique par Storm - Publiée le 09/01/2026
Lunar Spells - Sacraments Of Necromantical Empires
Note : 4.5/6
Genre : Black Metal
Année : 2024
Label : Northern Silence Productions
Pays : Grèce
Durée : 36:03
Tracklist :
1.
Eerie Nocturnal Shades
06:19
2.
Necromantical Glorification
06:40
3.
Sorcery of Death
06:46
4.
Demoniac Chalice
06:18
5.
Luciferian Twilight
07:13
6.
Gloomy Necrotic Ritual
02:47

La Grèce n’en finit pas d’haranguer la scène Black Metal et collectionne les sorties de qualité une nouvelle fois. Après le dernier album de SØRGELIG, aboyant et mordant comme mille molosses, un nouvel DØDSFERD en rythme de croisière, le retour aux affaires de HAIL SPIRIT NOIR et un ISOLERT à découvrir, voilà que LUNAR SPELLS arraisonne son Black Metal Mélodique toujours aussi prometteur et relevé de nappes symphoniques sur les rives noires du Léthé.

Désenchantement et diablerie, brumeux, bruineux avec une mélancolie glaciale que les riffs brouillardeux abondent, le blizzard aveuglant des compositions de "Sacraments Of Necromantical Empires" est épais, dense et cauchemardesque. Il y a de la bourrasque envoûtante de VARGRAV et de certaines œuvres du seigneur Swartadauþuz dans ce troisième album des prolifiques LUNAR SPELLS, qui hume bon certains aspects des 90s. Tempétueux, cavalant et mordant férocement, il est tout à fait adapté de vouloir comparer les Grecs avec les seigneurs finlandais que sont SATANIC WARMASTER et HORNA. En effet, la science du riff fait partie de leurs attributs et le jeu vocal acerbe et maladif de Cryptic dope cette impression satanique et habitée.

Pas si Raw que cela, le Black Metal des Grecs est avant tout une fenêtre absolue sur les Enfers dont l’encadrement nous laisserait déceler une certaine forme de beauté. Les mélodies très présentes sur cet album habillent les titres superbement. Je pense par exemple à la puissante et torturée pièce qu’est "Sorcery Of Death", avec ses leads discrets tout autant que ces nappes de claviers atmosphériques, et ce piano sanglotant qui clôt le titre de la plus sombre des façons. Et nous pourrions en dire tout autant des deux autres pièces maîtresses de l’album que sont "Eerie Nocturnal Shades" (incroyable titre belliqueux et suprêmement envoûtant) et "Necromantical Glorification". Riffing dentelé et ajusté avec maestria pour imbiber notre sale mémoire, ambiance hypnotique de fin du monde et abandon de soi et d’espoir, LUNAR SPELLS n’a pas son pareil pour nous absorber dans son propre précipice.

Avec une production propre mais jamais trop pour laisser savamment cette diablerie s’installer, "Sacraments Of Necromantical Empires", malgré une légère linéarité au sein des titres, pourchasse le tableau d’excellence. En créant cet ensorcellement, les Grecs nous contaminent de manière magnétique à suivre cette créature endiablée figurant sur la pochette. De puissantes forces obscures surgissent et déséquilibrent le monde précaire et en sursis des vivants. Une horde se prépare à façonner et à propager le poison d’un nouveau règne. En entendant les notes funèbres et lugubres de l’outro "Gloomy Necrotic Ritual", nous sentons bien qu’happés par la sombreur, nous ne pouvons plus faire demi-tour. Nous voilà offerts aux créateurs, nous voilà donnés aux Enfers pour le siècle des siècles. En jaugeant ce château qui nous fait face, nous savons déjà que nous n’obéirons plus au même seigneur. Il était temps, me direz-vous.

LUNAR SPELLS a déjà ce coup d’avance que nous n’avions pas vu. Les Grecs, dans leur lugubrité patente, nous regardent en souriant, bien satisfaits de notre épouvante et de nos montées d’angoisse. Le Black Metal a trouvé de zélés soldats de l’Enfer. Fiers, adroits et virtuoses notoires, ils toisent l’univers de la nuit sans jamais détourner leurs regards de couteaux.

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