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Mourning Dawn - The Foam Of Despair
Chronique par Storm - Publiée le 15/01/2026
Mourning Dawn - The Foam Of Despair
Note : 4.5/6
Genre : Black/Doom Metal
Année : 2024
Label : Aesthetic Death
Pays : France
Durée : 46:33
Tracklist :
1.
Tomber du temps
09:26
2.
Blue Pain
05:44
3.
Borrowed Skin
11:20
4.
Apex
06:17
5.
Suzerain
05:14
6.
The Color of Waves
08:32

En matière de Black/Doom ardent et suffocant, MOURNING DAWN préfigure au fil de ses albums de devenir une de ces âmes du chaos dont l’unique dessein serait d’accélérer les tourbillons enténébrés gorgés de flammèches agressives entêtées à nous sauter à la face et à nous coller l’épiderme. MOURNING DAWN nous dévoile en ce début d’année leur sixième album "The Foam Of Despair", et sachez d’emblée que pour les curieux, les accrocs comme pour les courageux, vous devrez vous munir de votre psychotrope favori pour ne pas sombrer à votre tour.

Si Laurent "Pokemonslaughter", le chanteur/guitariste et fondateur du groupe, ne vous dit rien, je dois bien vous avouer que je le connais bien. J’ai appris à apprécier depuis tant d’années sa plume acérée et bien trempée au sein du fabuleux webzine Guts Of Darkness auquel je dois beaucoup. Mais revenons à nos moutons. MOURNING DAWN vaut bien sa chronique sur NIME. Si vous aimez les expériences originales en direct des enfers, "The Foam Of Despair" est pour vous assurément. Invinciblement, nos Frenchies déroulent des errances d’ambiances souffreteuses et cruelles sur les trois quarts d’heure d’écoute de l’album. Il n’y a pas que du Metal Extrême dans cet opus. En effet, imbriquant des tessitures sonores sinistres et dépressives de ces guitares sludgy et infectées de soufre, d’autres univers s’y greffent comme des lamproies assoiffées de vampiriser la vie. "Tomber Du Temps" vous annihilera la façade tout du long par l’interstice de ces riffs larvés et dégoulinants de déprime, et vous terminera à la pisse chaude d’un saxophone dissonant et décadent combattant vainement le désespoir.

Écoutez aussi "Suzerain" et ses inclinations fiévreuses d’une rythmique Rap aux abois. Ses incartades Électro sous les vapeurs hypnotiques du phrasé de Laurent vous congédieront vers votre propre enfer. Et vous roulerez dans la merde de l’existence, tous sphincters lâchés, obnubilé par les leads vaporeux et la rythmique lourde de guitares carnivores attaquant la chair. Il y a du GODSEND, du JESU là-dedans. Il y a du KICKBACK atomisé au Black/Doom funéraire, aplati à la masse et jeté au puits insondable. MOURNING DAWN est une entité hirsute, une de celles qui vous effraiera le palpitant à l’instar de groupes tels que BETHLEHEM (une des influences majeures de nos Français), ou PSYCHONAUT 4. Osez l’écoute de "Blue Pain" si vous voulez vous convaincre par vous-mêmes. Et pour plonger dans le gouffre et aller baiser la Mort un sourire contenté au coin des lèvres, repassez-vous "The Color Of Waves" ! Chef-d’œuvre de "The Foam Of Despair", ce titre sonne comme un ultime relent et un dernier spasme d’agitation, comme un ultime halètement avant l’apnée éternelle, la main sur le manche espérant la dernière extase.

Ce que j’apprécie aussi beaucoup sur cet album, c’est toutes les parties vocales parlées de Laurent. Sa voix détachée et ce qu’elle en retourne. Se confondant à certaines parties de titres tels que le début de "Borrowed Skin", ou de "Tomber Du Temps", j’avoue avoir un faible pour les effets et l’atmosphère qu’elle produit. Et cela m’a pas mal fait associer – avec un plaisir non retenu – à cet incroyable album de DIABOLOGUM : "#3" dont je ne peux que vous recommander l’écoute.

Tout comme FUNERALIUM, MOURNING DAWN n’est pas né de la dernière pluie pour prendre d’assaut nos neurones et s’amuser à les travestir habilement de pensées noires et déstabilisantes. "The Foam Of Despair" est abouti et jouit d’une production claire et cristalline comme je les aime. Véritable cauchemar éveillé, dépressif et envoûtant, il est, comme le montre la pochette, le saisissement de la stupeur et de l’effroi devant la fatalité.

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