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Angantyr - Kampen Fortsætter
Chronique par Storm - Publiée le 17/01/2026
Angantyr - Kampen Fortsætter
Note : 4/6
Genre : Black Metal
Année : 2000
Label : Autoproduction
Pays : Danemark
Durée : 42:00
Tracklist :
1.
Portene åbnes
05:59
2.
Stormen fra Nord
04:47
3.
Landeplagen skal bort
06:52
4.
Intethedens larm
09:23
5.
I der knæler i ynk
06:06
6.
Da frostvind blæste
04:55
7.
Sidste kapitel i en endeløs fortælling
03:58

Après vous avoir parlé il y a quelques temps du prodigieux "Haevn", j’avais aussi très envie de vous faire découvrir les débuts de ce one-man band danois, dont la primauté du côté de la scène n’est plus à refaire mais est toujours restée discrète face à d’autres groupes plus extravertis, pourrait-on dire, dans leurs moyens de communication et de diffusion. Ynleborgaz (dont il tire le nom d’un roi danois du VIIIe siècle) n’a jamais prêté d’autres attentions, se concentrant seulement sur le développement solitaire de ses compositions et sur l’alchimie de leurs ambiances. Bien ancré, à la base, dans les albums de Black Metal dits abrupts et crus, ce "Kampen Fortsætter" dévoile pourtant déjà la dimension hypnotique et épique si singulièrement développée sur les prochains albums. Pour l’heure, ce premier opus nage entre un BURZUM plus courroucé et un DARKTHRONE / JUDAS ISCARIOT plus atmosphérique encore.

Et nous pouvons retrouver ces deux influences majeures au sein de certains titres, notamment par le placement et la disposition essentielle de certaines parties très Ambient, qui ont peut-être été entendues du côté de la Suisse chez Wintherr de PAYSAGE D’HIVER ou de l’Allemagne avec VINTERRIKET. Vous n’avez qu’à écouter le long titre instrumental qu’est "Intethedens Larm", ou bien encore la longue introduction de "Portene Abnes" ou de "I Der Knaeler I Ynk", pour ressentir ces plages sonores Ambient noirâtres qui vous collent aux neurones. J’ai envie de vous dire que ce n’est pas non plus du côté de ce feuilletage d’ambiances répétitives que ANGANTYR excelle, non, c’est même plutôt anecdotique. Les groupes sus-cités sont bien plus intéressants. Je ne vous conseillerai peut-être pas de passer outre, mais vous ne manqueriez rien si l’envie vous prenait de passer certains passages.

Par contre, dès que la cisaille des riffs prend le dessus et que les mid-tempo s’affirment, Ynleborgaz est dans sa zone d’excellence. Prenez le très inspiré titre "Da Frostvind Blæste" et laissez-vous emporter par sa douce sauvagerie et son incomparable sens du riffing glacial. La voix déchirée de Ynleborgaz semble nous conter une histoire épique, avec une agressivité mélancolique teintant la nostalgie et les réminiscences des combats. Les quelques notes de claviers parachèvent la dimension atmosphérique du titre, même si elles restent très discrètes. La tristesse du titre instrumental qui conclut l’album est aussi à noter. J’apprécie aussi beaucoup cette ballade gracieuse nimbée de mélancolie. Notons également que, si les productions diffèrent au sein des titres, puisque certains ont été enregistrés dans des studios différents à des époques différentes, ce premier album offre tout de même un contenu sonore homogène.

Je reste attaché depuis plus de deux décennies à ANGANTYR. J’admire et j’approuve ce travail de l’ombre besogneux et toujours singulièrement déployé au travers de riffs envoûtants. Écoutez donc ce premier album composé dans la prime jeunesse de Ynleborgaz. La belle densité tellurique de certains de ses titres, tels que "Landepkagen Skal Bort", ou bien encore "Stormen Fran Nord", n’a décidément rien à envier aux compositions de KAMPFAR ou de TAAKE de l’époque. Et ce n’est que le commencement. Il me faudra vous parler de "Sejr", l’album suivant, qui nous plonge, toutes voiles dehors, dans la grande tempête d’ANGANTYR. Sorti en 2004, lors de la période la plus prolifique de Ynleborgaz, qui enchaînait les projets pour rudoyer d’autres aspérités du Black Metal, notamment le DSBM avec MAKE A CHANGE… KILL YOURSELF, l’opus dévoile un peu plus encore le génie de son auteur. Nous en reparlerons pour sûr.

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