« We live as we dream — alone. »
– Joseph Conrad
Après Cryo Chamber, nous voilà partis chez Cyclic Law. Avec l’un de mes artistes favoris dans la scène dark ambient : Pär Boström. Je parlerai de ses autres projets une autre fois, car là, je t’amène avec moi à l’écoute de « Triune ».
En fait, je triche un peu. Parce que « Triune » n’est pas un album… mais trois. Il y a « Asleep and well hidden », « The starwheel » et « The nest ». Le point commun des trois, si ce n’est que c’est fait par la même personne, bien sûr ?
C’est que tu plonges littéralement dans tes cauchemars. C’est distordu, poignant, tu entends les échos d’éléments qui ne sont là qu’une seconde avant de disparaître. C’est sombre, et pourtant les tons de bleus sont presque saturés. Dommage qu’ils se rapprochent autant du noir.
Tu t’es perdu au coin d’un chemin entre deux champs, mon pauvre ami. Et tu n’as rien d’autre à faire que contempler ton reflet dans un miroir déformant.
Si, pour moi, « Asleep and well hidden » est une œuvre maîtresse en dark ambient, je manque sans doute un peu de subjectivité vu que j’ai commencé vraiment à explorer ce milieu grâce avec Kammarheit, je pense que le morceau « Klockstapeln », présent sur « The starwheel » réunit absolument tout ce que j’aime dans cet univers.
C’est drone. Atmosphérique. Étouffant. Déformé.
Tu pars ailleurs quand tu l’écoutes. Une fois la brève angoisse passée, il ne reste plus que le repos bienvenu et l’oubli temporaire.
Si je ne devais en retenir que deux morceaux, ce serait celui-ci, et « The Poignant » sur « Asleep and well hidden ». Lui, c’est une descente inexorable. Avec la même fin qui te permet enfin de partir autre part.
Parce que, même si tu es seul, finalement tu t’évades. Même si tu troques un cauchemar contre quelque chose d’encore plus étrange.