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Nubivagant - The Blame Digger
Chronique par Storm - Publiée le 20/01/2026
Nubivagant - The Blame Digger
Note : 4/6
Genre : Black Metal
Année : 2024
Label : Amor Fati Productions
Pays : Italie
Durée : 37:56
Tracklist :
1.
Darkness Upon the Face of the Deep
06:40
2.
Endless Mourning
06:17
3.
A Perfect Throne
05:38
4.
Who Made the World?
07:28
5.
The Voice of a Black Candle
04:32
6.
The Judgement
07:21

Ce n’est pas le premier album d’Omega ni au sein de son projet NUBIVAGANT puisque "The Blame Dagger" en est la troisième émanation, ni même au sein de ses nombreux autres groupes. Voilà quasiment trente ans que notre Italien écume différentes facettes du Black Metal, très souvent en tant que batteur ou chanteur mais aussi dans des projets solos en tant que multi-instrumentiste. Nul besoin de vous en faire l’inventaire, un tour sur la toile vous en fera prendre la mesure. Et pour vous appâter, chers lecteurs, j’aimerais simplement vous dire que NUBIVAGANT est foncièrement original et pourrait en dérouter quelques-uns.

 Cherchant peu la lumière et les grâces de la notoriété, Omega suit sa destinée en dispersant du mieux qu’il peut les antidotes qui soignent ses démons internes. Il se trouve que NUBIVAGANT constitue une forme d’aboutissement tant la musique qui nous est offerte apparaît mature, curieuse et bien envoûtante. Les raisons sont simples et s’entendent dès les premières secondes de l’album : c’est un Black Metal lent et hypnotique qui s’offre à nos oreilles. En répétant des riffs sous le martèlement tribal d’une batterie droguée aux benzodiazépines, "The Blame Dagger" va nous shooter les neurones et nous les faire baigner dans une substance hallucinogène. Le chant clair et très lyrique d’Omega est saisissant, singulier et nous emporte dans cette hypnose quasi psychédélique.

Si URFAUST n’existe plus, nous retrouvons quelques accointances avec NUBIVAGANT, bien que l’entité italienne, beaucoup moins agressive et infernale que le duo hollandais, paraisse naviguer davantage sur des eaux remplies de chagrins et de lamentations. Mais URFAUST et NUBIVAGANT ont la transe en commun, celle qui brouille les pistes, le temps et se délecte du spectacle des âmes en perdition et errantes. Le jeu de batterie est aussi similaire entre ces deux-là, avec cette sensation de possession caractéristique induisant un focus sur cet instrument. Et si les vocaux d’Omega et de IX (de URFAUST) sont différents, ils partagent ce côté Heavy ténébreux et cette diction spectrale et étourdissante. Petit exemple avec "Endless Mourning" et son riffing capiteux qui larverait un régiment en les embourbant mortellement. Autre titre qui ferait bander les morts – et inversement – "The Voice Of A Black Candle", avec son refrain entêtant monosyllabique mais bien imprégné de mysticisme.

Et je n’oublierai pas de citer encore le titre qui introduit ce troisième album, "Darkness Upon The Face Of The Deep", le plus énergique de tous et aussi le plus secure, car oui, NUBIVAGANT n’est pas inoffensif ni vénéneux, seulement envoûtant mais de premier ordre. Les dernières salves bourbeuses et enténébrées de "The Judgement" vous laisseront sur le carreau, les veines tranchées et sans secours possible. "The Blame Dagger" prolonge le déjà fort réussi second album "The Wheel Of Universe" sorti deux ans plus tôt. La production, ici plus claire et puissante à la fois, enlève un voile sur les compositions, laissant apparaître bien plus de détails.

Je concède bien volontiers m’être laissé prendre aux pièges de cet album qui a cette faculté de capter et de vampiriser notre cerveau. Tout n’est point parfait, j’ai ressenti quelques longueurs sur deux autres titres ("A Perfect Throne" et "Who Made The World?"), mais ce type de Black Metal très original a le mérite de se départir des codes et des attentes contemporaines. Il pourrait nous rappeler aussi le "Written In Waters" de VED BUENS ENDE, avec ce souhait caché de fausser les cartes et d’engager la partie dans un tout nouveau jeu. À découvrir donc !

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