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Officium Triste - Hortus Venenum
Chronique par Storm - Publiée le 20/01/2026
Officium Triste - Hortus Venenum
Note : 5/6
Genre : Doom/Death Atmosphérique
Année : 2024
Label : Transcending Obscurity
Pays : Pays-Bas
Durée : 41:02
Tracklist :
1.
Behind Closed Doors
05:22
2.
My Poison Garden
04:33
3.
Anna's Woe
07:19
4.
Walk in Shadows
08:10
5.
Forcefield
05:18
6.
Angels with Broken Wings
10:20

Avec une discographie longue comme les bras et des années d’existence qui n’ont pas réussi à refermer toutes les blessures, voilà déjà trente ans que OFFICIUM TRISTE nous plombe bien plus que les dents. Après leur premier album vivement salué, "Ne Vivam" sorti en 1997, les Néerlandais ont poursuivi leur chemin en amenant leur Doom lugubre initial vers des contrées plus atmosphériques aux pentes amères et délicates. Contemporain de CELESTIAL SEASON, lors de leur suprême époque d’où sont sortis leurs deux superbes albums "Forever Scarlet Passion" et "Solar Lover", OFFICIUM TRISTE a réussi à trouver son identité, elle-même teintée par les influences d’un PARADISE LOST, MY DYING BRIDE (de la bonne époque), KATATONIA ou d’un CHORUS OF RUIN, lorsque – en ce temps-là (milieu des 90s) – le Doom/ Death écrivait ses premières lettres de noblesse

Trente ans plus tard, et après un album remarqué sorti il y a cinq ans – "The Death Of Gaia", "Hortus Venemum" (= le jardin empoisonné), avec sa pochette remarquable, vient nous hanter pour annoncer les prémisses de l’automne à venir. Et si la vie estivale bat son plein, la nature déjà se prépare à se réfugier sur elle-même et anticipe les disettes et les défaveurs de l’hiver. L’album – puisqu’il nous faut en parler – décolle véritablement avec la pièce maîtresse qu’est "Anna’s Woe" après un début plutôt en demi-teinte (je n’ai pas été convaincu par le titre "My Poison Garden"). Et ce titre mélancolique ne nous ménage pas tant sa densité émotionnelle convoque notre réflexion. Puissant et atmosphérique, avec des bridges délicats, "Anna’s Woe" fait obstacle aux assauts dépressifs et essaye de sublimer les craintes d’effondrement. Sa lumière salvatrice que les claviers et les leads portent et soutiennent paraît dégager l’horizon de nos pensées. Le growl si juste de Pim Blanckenstein fait son office si je puis dire et nous accompagne comme main dans la main vers nos propres élans poétiques.

Car de la poésie il y en a chez OFFICIUM TRISTE. Pim écrit en vers – c’est à souligner. Lorsque les violons de la majestueuse pièce qu’est "Angels With Broken Wings" nous happent dès les premières secondes, ce sont des larmes d’enfants qui coulent sur nos joues d’adulte comme mille souvenirs ressurgissant à nouveau. Les frissons vous gagneront lorsque le Doom superbe reprendra le flambeau pour entamer sa danse délicate, il fera chemin dans votre cœur le mâtinant de sensations poignantes. Les guitares amadoueront votre nervosité et calmeront votre humeur, elles sublimeront vos états d’âme. Vous ne les oublierez plus et vous y reviendrez encore et encore jusqu’à la déraison pour ressentir à nouveau tous ces mouvements internes qu’elles procurent. Peu de titres savent faire cela. "Angels With Broken Wings" est un titre savant, une chanson de vie de dix minutes qui suspend votre existence l’espace d’un instant devenu éternité.

Si je vous ai conté un peu plus de cet album au travers de ces deux magnifiques chansons, sachez que les autres n'ont certes pas cette densité émouvante aussi puissante mais se meuvent dans un labyrinthe bien prenant. Je pense notamment au titre introducteur "Behind Closed Doors" mais aussi à "Walk In Shadows" qui nous distillent des leads et des passages atmosphériques très beaux. OFFICIUM TRISTE signe donc la confirmation de son excellent retour entamé depuis son album précédent. Comme quoi les années n’essoufflent pas tout le monde, au contraire elles bonifient l’expérience jusqu’à faire tutoyer le génie. Merci OFFICIUM TRISTE pour cet enchantement !

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