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Suffering Souls - An Iconic Taste Of Demise
Chronique par Storm - Publiée le 23/01/2026
Suffering Souls - An Iconic Taste Of Demise
Note : 4/6
Genre : Symphonic Black Metal
Année : 2024
Label : Fetzner Death Records
Pays : Allemagne
Durée : 55:30
Tracklist :
1.
Idolum
02:00
2.
Soul Devourer
06:24
3.
From Hubris to Demise
05:51
4.
In the Order of Doom
05:43
5.
Dolor Matris
05:52
6.
A Touch of Evil Kindness
06:21
7.
Under My Skin
05:27
8.
My Whore
05:03
9.
Of Clarity and Hysteria
04:50
10.
Cruelty in Love and Fear
07:59

Attiré comme un sphynx vers une lumière éclatante, j’ai décidé d’accorder mes faveurs d’écoute à cet album d’un groupe bien méconnu – pourtant bardé d’un nombre d’années d’existence conséquent – suite à la belle offrande visuelle que sa pochette nous dresse. Pour ce faire, il nous faudra remercier Thorsten Burger ou du moins ses doigts de fée pour composer une amourette numérique avec ChatGPT. Ne soyons pas dupes, créditer un nom alors qu’après vérification par un détecteur IA, le résultat est sans appel peut un peu tout de même poser question.

 Mais rien ne sert d’ouvrir un pareil débat lorsqu’il s’agit du contenu musical qui seul pourrait attirer durablement notre attention. SUFFERING SOULS, comme je vous l’indiquais en préambule, est une entité de Black Metal Symphonique qui a vu pas mal d’eau couler sous les ponts. Lord Esgaroth, teuton de son état, est à la manœuvre depuis… 1994. Première démo en 1998, premier EP en 1999, premier album en 2000 et césure de 10 ans entre 2009 et 2019, voilà pour les détails discographiques. "An Iconic Taste Of Demise" est le cinquième album du Lord qui manifeste toujours autant d’amour pour le Black Metal Symphonique modérément diabolique.

En effet, j’aime différencier deux types de Black Metal Sympho, d’abord celui qui pourrait se définir comme plus grandiloquent, davantage néo-classique et épique à la fois, et plus accessible d’écoute avec des touches Heavy à la limite du Power parfois à l’instar de CARACH ANGREN, GRAVEWORM, CATAMENIA et consorts… dont SUFFERING SOULS. Et puis il y a l’autre type de Black Sympho, le glacial, celui des hautes contrées nordiques qui se larve dans un Ambient ténébreux et où les nappes de ses claviers s’efforcent de porter la lugubrité des ambiances. Citons les LIMBONIC ART, VARGRAV, OBTAINED ENSLAVEMENT ou les plus contemporains TROLLDOM, SECRETS…

Mais pour revenir à ce nouvel album de SUFFERING SOULS, disons de prime abord que sa production est sacrément dense et puissante. Peut-être même un peu trop propre, je dirai. Cela rebutera les sales gosses qui y verront trop de traitement post-prod à la défaveur de la quintessence essentielle des riffs. Mais si le son est bon, il n’est point grandiloquent, et cela a tendance à me rassurer. Si tout n’est pas parfait, loin s’en faut, certains titres tirent leurs épingles du jeu en nous offrant de très belles perles d’émotions. Je pense notamment au superbe "Under My Skin" avec son orchestration au cordeau, son alternance de chant clair et hurlé, et le soutien inconditionnel des chœurs féminins de toute beauté. Ce titre propose de la grâce et vous embarquera dans une belle dérive de rêverie… Ah ! Si seulement l’album avait contenu dans sa quasi-heure de musique plus d’ambiances à la "Under My Skin", je serais tombé en pamoison à loisir. Au lieu de cela, certains titres paraissent au fil des écoutes beaucoup plus dispensables, notamment les trois premiers titres qui n’arrivent jamais vraiment à me faire décoller.

Mention spéciale pour "In The Order Of Doom" avec ces leads lumineux, son solo bien léché, et la beauté du chant clair du Lord qui nous envoie pas mal d’émotions intéressantes dans les refrains. Mention spéciale aussi à "A Touch Of Evil Kindness" qui nous conte une belle épopée symphonique avec ses claviers bien composés et au centre du jeu. Et enfin mention très honorable aux deux pièces instrumentales saisissantes qui clôturent chacune "An Iconic Taste Of Demise", "Of Clarity And Hysteria" la mélancolique et désenchantée à écouter absolument, et "Cruelty In Love And Fear" la conteuse et facétieuse néo-classique en chef, prête à devenir la bande-son d’une tragédie.

Alors pour conclure, j’aimerais vous dire que je suis partagé sur la note. L’album ne m’a pas déplu pourtant, quelques doutes encore sont résiduels sur sa pérennité à conserver mon attention. Parfois inégal, "An Iconic Taste Of Demise" est pourtant doté de quelques beaux chefs-d’œuvre qu’il serait bien dommage de ne pas écouter. En remontant le fil du reste de la discographie de SUFFERING SOULS, je jette davantage mon dévolu sur cet album. Je consens donc à lui accorder un léger coup de pouce, preuve s’il en est que le Black Metal symphonique easy listening comme j’aimerais entre guillemets le définir, possède de superbes pièces d’art et qu’il faut toujours rester attentif jusqu’à la dernière seconde.

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