Les albums d’Avant-Garde ce n’est pas toujours de la tarte, si certains emballent de leurs trouvailles ou de leurs expérimentations, d’autres nous laissent de marbre devant le bouillon. Chez THY CATAFALQUE, l’inarrêtable Hongrois Tamás Kátai qui nous honore d’une sortie annuelle environ, aime plutôt sublimer ces compositions d’une mixture innovante assez difficilement descriptible, d’autant plus que les années passent.
Premier principe d’écoute : ces disques ne s’écoutent pas qu’une fois. D’ailleurs il me semble bien complexe d’en obtenir le jus principal en le pressant que d’un tour d’oreille (passez-moi cette navrante expression, chez NiME on aime Lautréamont !). Second principe : il faut s’armer d’un bon seuil de tolérance et avoir les connexions des neurones vives, tant la foultitude de détails et d’imbrications de style rendent difficile une quelconque traduction de ressenti général ou de consécrations d’ambiances. Cette fois avec "XII: A Gyönyörű Álmok Ezután Jönnek", Tamás nous embarque vers des contrées parfois bien moins extrêmes et où semblent se tapir dans l’ombre pourtant du gros Metal extrême. Dans le genre " un peu de sombreur que diable mais pas trop… ", il me faut vous demander d’écouter la piste bien originale et inspirée qu’est "Vasgyár" avec son Moog Kraut-Rockien, ses saccades rythmiques bien Death dans les cordes, et la voix vespérale et growlée de Tamás.
Pourtant le disque avait démarré plus dans la douceur et le sucre avec "Piros Kocsi, Fekete Éj" qui sans doute a fait quelques fureurs dans le cœur des Teens hongrois, avec ses emportements plus Pop que la portion congrue de Metal apportée. Oui, mais voilà si tout ne passe pas toujours parfaitement à mes oreilles, THY CATAFALQUE reste attachant ou attachiant (à vous de voir). J’aime aussi les frasques psychédéliques de Tamás Kátai, comme sur le titre rondouillardement Électro sur les bords "Vakond" qui nous envoie nager une bonne brasse dans des flots tumultueux et bourrés d’hallucinogènes. Et puis il y a le titre suivant "Ködkirály" qui pour le coup se teinte de bien plus de dureté mélancolique avec le chant gracieux et éthéré de Ivett Dudás avant qu’un gros Doom/ Death viennent prendre le relai pour assombrir le beau tableau. Et c’est vrai qu’il y a pas mal de ce clair-obscur sur ce nouvel album – qui ne sera pas mon préféré je crois bien.
Difficile en effet d’oublier les méandres pionniers de "Meta" et des "Róka Hosa Rádió" et "Rengeteg". "XII: A Gyönyörű Álmok Ezután Jönnek" est plus accessible et se veut plus dansant oserai-je dire. Pour résumer si vous voulez écouter un peu de brutalité, de la Folk, de l’Électro, des arrangements psychédéliques et quelques instants de grâce, alors cet album est fait pour vous. Nous ne ferons pas plus la moue qu’outre-mesure car ce douzième opus grand format de Kátai donne à grailler à tous les Métalleux quels qu’ils soient. Mention honorable à "Mindenevő", la plus Brutus des titres et qui s’amuse sacrément bien dans son Death Metal bien troussé. Allez la bise Kátai et on se donne déjà rendez-vous pour l’année prochaine.
P.S : Peux-tu faire un effort pour diminuer toutes tes invitations d’artistes (sur cet album ils sont plus de vingt-cinq à peu près et à tous les postes possibles), j’arriverai peut-être à me motiver à écrire le line-up complet !