Tomorrow's Rain - Ovdan
Chronique par Storm - Publiée le 24/01/2026
Tomorrow's Rain - Ovdan
Note : 0/6
Genre : Doom/Death Atmosphérique
Année : 2024
Label : AOP Records
Pays : Israël
Durée : 54:03
Tracklist :
1.
Roads
07:30
2.
Sunrise
05:38
3.
Muaka
05:41
4.
Room 124
05:29
5.
I skuggornas grav
05:24
6.
Burning Times
05:22
7.
Turn Around
04:12
8.
Convalescence
07:11
9.
Rainbow
01:49
10.
Intensive Care Unit
01:34
11.
Turn Around (Gothic Rock version)
04:13

TOMORROW’S RAIN n’est pas né de la dernière pluie (si vous me passez l’expression !), mais a été très peu productif. "Ovdan" constitue leur second album, après "Hollow" sorti en 2020, alors que cette entité Israélienne existe depuis 2001. Auparavant prénommé Moonskin jusqu’en 2011, TOMORROW’S RAIN affiche un Death/ Doom plutôt atmosphérique dans son essence, à la brutalité peu marquée. Et si le tempo d’une majeure partie des titres reste modéré, nous avons le droit de temps à autres à quelques emportements.

Comme sur l’album précédent, Yishai Sweartz et sa bande se sont acoquinés avec un nombre d’invités de marque assez conséquent. À l’instar de MMXX (dont je vous ai chroniqué leur dernier EP), TOMORROW’S RAIN partage ses compositions pour les sublimer d’une touche inattendue. Et ses invités sont d’horizons parfois très différents, citons par exemple les quelques lignes de chants et sans doute de guitare acoustique du compositeur de Néofolk Tony Wakeford (SOL INVICTUS) sur "Roads", titre saisissant tant la présence d’un saxophone s’ébat dans une noirceur mélancolique tenace ; ou bien encore les vocalises acérées et vengeresses de Attila Csihar (MAYHEM, ABOYM, TORMENTOR) qui permettent au titre "Muaka" de distiller un peu de rage et d’atrabilaire, et de secouer en même temps l’ADN langoureux de cette composition. Micke Broberg, chanteur émérite de UNANIMATED partage le chant avec la très gothique Anja Huwe (XMAL DEUTSCHLAND), et la frappe du piano et le vrombissement d’une contrebasse apportent une touche assez éthérée qui me fait penser fortement à THIS MORTAL COIL mais aussi à du DEAD CAN DANCE. Citons encore le chant ténébreusement dépressif de Jan Lubitzki (DEPRESSIVE AGE) sur le titre "Burning Time", ou bien encore le concours guitaristique de Michael Denner (KING DIAMOND) au sein de "Turn Around" et de "Intensive Care Unit". Notons aussi la version Rock de "Turn Around" assurée par Ben Chisto (SISTERS OF MERCY) qui clôture l’album.

Avec ce défilé starifié, TOMORROW’S RAIN pourrait bomber le torse mais il n’en est rien, ce "Ovdan" est un album qui sonne comme une résurrection pour Yishai (suite à sa récente crise cardiaque grave), dont "Intensive Care Unit" témoigne dans cette prise de son de Field Recording que je vous laisse découvrir. Et même si l’album était déjà composé avant cet accident, l’ambiance générale de cet album schlingue les vicissitudes de la vie. Empreint d’une mélancolie toute Doomesque, comme le titre très bien inspiré qu’est "Convalescence" (tiens donc !), TOMORROW’S RAIN déplie une palette d’émotions contenues mais puissantes. L’album ressemble à un patchwork musical lorgnant entre le Doom/ Death et le Rock/Goth. Malheureusement "Ovdan" n’arrive pas – malgré une production impeccable – à décoller. Les compositions sont bien ficelées mais il leur manque des riffs solaires ou entraînants. L’empreinte mnésique ne fonctionne pas. Si la voix de Yishai est singulière et apporte cette originalité, le travail musical alterne à mon goût un peu trop entre l’ombre et la lumière. Peut-être aurais-je préféré aussi percevoir le fil rouge qui pourrait relier et unir les onze titres de "Ovdan". Au lieu de cela je perds un peu ce fil et me perds un peu dans un labyrinthe sonore.

Si "Ovdan" n’est pas moyen, il ne tutoie pas encore l’excellence. Cependant il constitue un Doom/ Death bien plus aisé d’accès que beaucoup d’autres groupes. Les amateurs de MY DYING BRIDE, ANATHEMA ou de KATATONIA apprécieront sans doute bien plus TOMORROW’S RAIN que ceux qui jettent plutôt leur dévolu sur des groupes tels que SWALLOW THE SUN par exemple. Je vous conseille donc autant que faire se peut d’écouter "Ovdan" et de vous en faire votre propre idée.

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