Encore un album savoureux qui nous vient de Finlande et qui, malgré les vingt-cinq belles années passées, conserve encore l’authenticité de ces compositions ingénieuses, subtilement mélodiques et traversées par différentes atmosphères, tantôt épiques, tantôt symphoniques… Ce "Devs Iratvs" préfigure les œuvres futures d’un VARGRAV, d’un ANTIMATERIA ou d’un FAUSTIAN PACT, avec une dimension plus éthérée encore. En sortant des nébuleuses du Black Symphonique norvégien d’avant la fin du millénaire, ARTHEMESIA y injecte une dimension plus mystérieuse et insaisissable.
Il en résulte des titres assez complexes, se lovant royalement dans le cristallin de mélodies envoûtantes, tant du côté des riffs que des nappes de claviers. Et pourtant, les bourrasques de blasts ne sont pas en reste non plus, et se superposent très bien aux atmosphères variées que nous délivre ce premier album. Des titres vont s’avérer très bons, nous faisant l’amitié, parfois, de nous rappeler DIMMU BORGIR ou autres CRADLE OF FILTH. Tenez, prenez "The Breeze Of Grief" : certains passages ne vous font-ils pas penser à un certain "Heaven Torn Asunder", présent sur l’album "Dusk And Her Embrace…" ? Subsistent aussi quelques accointances avec les Anglais sur le titre majestueux qu’est "Celebration Of The Heaven Lost", mais ne vous fâchez pas : ARTHEMESIA ne copie pas grand-chose, même s’il est fort possible que cette influence ressentie en soit bien une.
Mention spéciale toute particulière à "Universal Black", bien énergique, aux relents MARDUK-iens par endroits, mais avec en sus un côté symphonique plus spectral que grandiloquent, et des leads chatoyants. Un effort aurait pu être fait du côté du chant sur cet album, car il reste somme toute assez sommaire. En tout cas, vingt-cinq ans après sa sortie, ce "Devs Iratvs" n’a point perdu de sa superbe et conserve son bel attrait. Un projet made in Finland, mais aux inspirations plus que frontalières.