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Abigail Williams - A Void Within Existence
Chronique par Storm - Publiée le 24/01/2026
Abigail Williams - A Void Within Existence
Note : 3.5/6
Genre : Atmospheric Black Metal
Année : 2025
Label : Agonia Records
Pays : États-Unis
Durée : 45:42
Tracklist :
1.
Life, Disconnected
05:31
2.
Void Within
05:52
3.
Nonexistence
04:32
4.
Still Nights
04:21
5.
Talk to Your Sleep
07:45
6.
Embrace the Chasm
08:17
7.
No Less than Death
09:24

Les Américains de ABIGAIL WILLIAMS, enfin plutôt Ken Sorceron, puisqu’il compose tout en partie, ont plutôt fait muer leur Black Metal volontiers influencé par la vague ARCTURUS/DIMMU BORGIR en premier lieu sur leurs premiers albums ("In The Shadow Of A Thousand Suns", "In The Absence Of Light"), vers des confluents bien plus Post à la DEAFHEAVEN des débuts ("Becoming", "The Accuser") tout en conservant une pâte base assez Black Metal. L’album de 2019, "Walk Beyond The Dark", qui précède celui que je vais vous chroniquer, a eu un large succès auprès du public. Plutôt accessible et disons "ouvert d’esprit", cet opus aura passionné le public pour le melting-pot d’atmosphères et de genres qu’il réussit à drainer tout du long de sa quasi heure de musique. Mefisto parle dans sa chronique d’un mélange WOLVES IN THE THRONE ROOM/PANOPTICON, je ne m’érige pas en faux, mais ces deux sources font pour moi bien mieux dans leur pré carré respectif.

Pour tout dire, je ne suis pas le client ni la cible de ABIGAIL WILLIAMS mais je m’y fais. "A Void Within Existence" revient cinq ans après la dernière sortie, avec son artwork léché et les ambitions de son auteur. Après trois singles proposés en ce début d’année pour appâter et faire trépigner les fans, autant dire tout de suite que Ken essaie de rattraper le train parfois d’un NIGHTBRINGER/AKHLYS sans réussir totalement à toucher du doigt l’impérialité des enfers que Naas Alcameeth a fortement investi, au point d’y trôner à l’une de ses portes. L’impression de réchauffé me saute un peu aux oreilles voyez-vous, et j’ai un peu de peine à comprendre le fil rouge qui tient sur ce sixième album pourtant sacrément construit et prolifique en termes d’arrangements et de détails.

La production, un peu trop puissante à mon goût, a tendance également à me décontenancer et à me procurer de la fatigue auditive. C’est un parti pris mais le côté un peu trop basseux n’est pas forcément ma tasse de thé. Les titres s’enchaînent avec parfois de belles surprises, comme le très beau final proggy de "Nonexistence", les belles envolées atmosphériques émaillant "Talk To Your Sleep" et "Embrace The Chasm", le Sludge pas trop proéminent du titre d’ouverture "Life, Disconnected". Mais je reste globalement sur ma faim et j’ai beaucoup de mal à trouver et à ressentir de l’émotion dans cet album. Pourtant, sur le papier il coche pas mal de cases qui pourraient éventuellement me plaire, mais, malgré les écoutes répétées, j’ai plutôt tendance à ne rien retenir.

L’album est bon, c’est indiscutable, mais il n’est que cela. N’attendez donc pas que je ne l’encense ni que je ne le circonscrive à ses seules faiblesses. Sans doute plaira-t-il à un public plus enclin à apprécier un son archi-puissant, un jeu vocal plutôt efficace mais linéaire (le chant clair du dernier titre, "No Less Than Death", ne m’a pas convaincu notamment), et friand de blasts répétés. Je le laisse donc à d’autres et garde tout de même un œil pour la suite.

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