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Aeon Winds - An Ode To The Mountains
Chronique par Storm - Publiée le 25/01/2026
Aeon Winds - An Ode To The Mountains
Note : 4/6
Genre : Symphonic Black Metal
Année : 2025
Label : Folter Records
Pays : Slovaquie
Durée : 01:00:07
Tracklist :
1.
Legends and Tales of Old
04:18
2.
An Ode to the Mountains
06:11
3.
Devoured by Time and Long Forgotten
05:06
4.
Unyielding Citadel
07:58
5.
Lunar Ascension
08:44
6.
Molpír
09:57
7.
Woodland Labyrinths
09:42
8.
Fading Embers
02:10
9.
Night Sky Illuminations
06:01

En matière de Black Atmosphérique à tendance symphonique, les vieux briscards sont encore de la partie, toujours et encore, mais ils doivent se sentir épaulés dorénavant par toute une génération de jeunes pousses aussi talentueuses que les autres. Les Slovaques de AEON WINDS ne sont pas tombés du nid non plus, puisque le groupe a porté son premier album "Those Who Will Remain Silent Forever", en 2012. Ce nouvel album, le quatrième, sort cette année après un split entamé avec ELLFOR, un onemanband espagnol très différent de AEON WINDS, à la discographie opulente (comptez plus de trente albums alternant entre du Black épique influencé par SUMMONING et d’autres, moins intéressants, mus par la musique Ambient), dont je vous recommande l'écoute, notamment des albums pré-2010.

Pour ce qu’il en est de nos Slovaques, certains critiques les ont comparés aux anciens EMPEROR ou aux premiers LIMBONIC ART, mais je reste plus circonspect avec cette comparaison (surtout vis-à-vis de EMPEROR). Je constate qu’à l’écoute de cet album, l’influence de MIDNIGHT ODYSSEY est davantage marquée, notamment au travers des chœurs ou des jeux vocaux (la comparaison est évidente, par exemple sur les deux premiers titres "Legends And Tales Of Old" et "An Ode To The Mountains"). Quoi de plus normal lorsque l’on sait que Dis Pater a été invité sur cet album pour y apposer sa touche personnelle. Côté claviers, AEON WINDS s’approche doucement mais sûrement de certaines œuvres de V-KhaoZ (VARGRAV et OLIO TÄHTIEN TAKANA), avec des pointes un peu DIMMU BORGIR-iennes, mais convole aussi avec MIDNIGHT ODYSSEY sur d’autres titres (a-t-il participé aux compositions ? La question se pose notamment lorsque nous écoutons les structures progressives et les nappes de claviers de "Lunar Ascension", par exemple).

Du reste, le nombre d’invités de marque est conséquent sur cet album. Vous pourrez y croiser les vocaux acérés du sieur Vicotnik (DØDHEIMSGARD) sur le titre génial "Unyielding Citadel" et ses murmures envoûtants. Ceux d’Hupogrammos (NEGURA BUNGET, DORDEDUH) sur "An Ode To The Mountains", ou ceux additionnels d’Aphazel de ANCIENT – signe-t-il un retour ? – au sein de cette belle composition qu’est "Devoured By Time And Long Forgotten", aux envolées symphoniques très 90s à la "Enthrone Darkness Triumphant" (ndlr : le troisième album des Norvégiens de DIMMU BORGIR). Et j’ai envie de vous dire que tous ces invités de marque paraissent avoir marqué l’inspiration des Slovaques, si bien que leurs influences se ressentent jusqu’aux cœurs et dans les ambiances des compositions. "An Ode To The Mountains" est donc une forme d’hydre de Lerne, qui, avec un fil rouge tenant sur la quasi-heure de musique, se fourvoie à varier ses titres selon le pedigree de ses invités et de leur background musical… comme une preuve ou une reconnaissance éternelle de leurs influences.

C’est ainsi que je le ressens. Si vous considérez cet angle d’approche comme viable, vous ressentirez différemment cet album. Les sorties précédentes de AEON WINDS comportaient aussi un nombre d’invités prestigieux qui apposaient une touche toute personnelle à certains titres (citons les invitations de Morfeus de LIMBONIC ART et de Mortiis de MORTIIS (!) sur l’album de 2019 "Stormveiled" – Dis Pater de MIDNIGHT ODYSSEY étant très récurrent). Alors comment concevoir ce nouvel album ? Eh bien, peut-être comme la réunion talentueuse d’un groupe qui souhaite rendre hommage et se faire plaisir avec des idoles (les leurs) du temps passé. Je trouve que les Slovaques ont assez bien réussi cet équilibre entre leurs compositions propres (même si, pour le coup, je les trouve plus communes et inoffensives ; c’est le cas de "Woodland Labyrinths"), et d’autres plutôt influencées par les artistes avec lesquels ils ont appris à adorer le Black Metal.

Si les premières écoutes m’avaient un peu décontenancé, j’ai ressenti par la suite l’envie de réécouter du ANCIENT, du MORTIIS, du NEGURA BUNGET, et bien sûr du MIDNIGHT ODYSSEY, preuve s’il en est que ce "An Ode To The Mountains" sait manier la nostalgie avec autorité. Merci AEON WINDS !

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