Connaître ce groupe slovène relèverait de l’exploit d’autant plus qu’un unique album précède cet EP. Si l’on fouille dans le passé de son concepteur, Tilen Šimon, force est de constater que le sieur ne sait pas tourné les pouces et a enchaîné les projets, majoritairement Black Metal, la plupart de temps en solo. Alors s’il me vient l’envie de vous chroniquer cet EP d’une petite vingtaine de minutes c’est qu’il m’obsède depuis un certain temps. Difficile de percer aussi son mystère et de quoi il en retourne précisément. La scène slovène n’est pas la plus féconde au monde et, hormis LAIBACH, difficile de citer rapidement d’autres noms sans antisèche.
Comme le suggère cette pochette, une part bien franche d’ambiance médiévale va poindre tout du long de cet EP notamment au travers du premier titre, avec son début à l’orgue et ses chœurs élégiaques timides. Du reste ce premier long titre est une réussite, c’est aussi celui qui m’a fait relever instantanément les sourcils lorsque je l’ai écouté. Un mid-tempo savoureux va encadrer ce titre pour le faire tanguer dans un Black Atmosphérique passionnant avec quelques riffs bien troussés et des leads finement cousus. La part des claviers est reléguée plutôt en arrière-plan laissant savamment l’accroche mélodieuse des guitares faire son travail. Mais la contribution des nappes symphoniques apporte une douceur rêveuse et évanescente.
Le second titre est aussi endrapé dans ces ambiances moyenâgeuses, même si le concours d’une batterie plus énergique et des claviers bien plus présents lui confère une dimension plus instrumentale encore. Il est vrai que l’accent de "Deus Vult" est mis davantage autour des ambiances brumeuses, hypnotiques – le chant un peu en retrait et peu présent et sonnant à la manière d’un PAYSAGE D’HIVER plus audible – et les répétitions de certains motifs sonores pour embrigader vos neurones vers les contrées désirées de AEONIST. Le troisième titre bien plus court est quant à lui uniquement joué au clavier. Sans être décevant, il n’apporte pas grand-chose de plus si ce n’est d’être seulement une belle outro.
Pour tout dire, j’ai écouté le premier album du Slovène et loin d’être mauvais, il annonce aussi la patte singulière de Tilen Šimon, celle d’un guitariste inspiré avant tout. D’une certaine manière, j’ai retrouvé aussi cette passion des leads et du riff chez un autre groupe plutôt méconnu : EVERWINTER (dont vous trouverez aussi en ces pages la chronique) ; j’y ai vu quelques accointances malgré les styles pratiqués différents. Sachez pour votre gouverne en tous cas qu’AEONIST, s’il ne crée pas la surprise cette année, s’écoute avec enchantement. J’avoue que j’avais un peu de peine à ne pas vous partager cet EP que j’aurai bien entendu garder bien au chaud dans ma bibliothèque musicale. Tentez-le !