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Austere - The Stillness Of Dissolution
Chronique par Storm - Publiée le 25/01/2026
Austere - The Stillness Of Dissolution
Note : 3/6
Genre : Post Black Metal
Année : 2025
Label : Prophecy Productions
Pays : Australie
Durée : 43:45
Tracklist :
1.
Dissolved Exile
07:46
2.
Time Awry
07:04
3.
Redolent Foulness
05:45
4.
The Downfall
06:41
5.
Rusted Veins
07:04
6.
Storm Within My Heart
09:25

À l’auberge dorénavant des culs tournés, il y aurait AUSTERE et moi. Depuis le retour des groupes après un hiatus de près de quinze ans, le duo australien continue sur sa lancée mais n’arrive plus vraiment à me convaincre, du moins pas à hauteur de mes espérances. Tim Yatras alias Sorrow, que j’ai longtemps plus ou moins vénéré, avec sa palette vocale talentueuse et ses très belles frappes de batterie, désormais me laisse plutôt sans voix. Peut-être est-il nécessaire que je fasse le deuil du très bel "To Lay Like Old Ashes", joliment chroniqué par l’ami Mefisto en ces pages et qui m’avait passionné à sa sortie. Bien que déjà les éléments Post troublaient la surface de cet album, il est désormais bien plus évident de les remarquer depuis le retour aux affaires du groupe.

Ce nouvel album, sorti un an jour pour jour après "Beneath The Threshold", confirme la bonne santé du duo et leur soif de composition. Ce cinquième opus prolonge le virage Post du groupe, bien que le chant clair, plutôt maladroit sur le dernier album, soit ici mis à la remise au profit d’un chant écorché que je qualifierais de convenable. Certes, ce petit galbe d’agressivité n’est pas pour me déplaire, mais AUSTERE a la fâcheuse tendance de tourner en rond sur certains de ses titres, et cela entache parfois la bonne progression de l’album. Nulle envolée mélodique, ni lead fulgurant au sein de "The Stillness Of Dissolution", du moins au sein de sa première moitié. L’album décolle plus nettement suite au passage du titre bien exécuté "The Downfall", qui arrive à faire varier les ambiances mélancoliques et sort le grand jeu au niveau des riffs, ce qui m’amène parfois à associer ces très beaux éclats avec ceux de THROES OF DAWN (période "Binding Of The Spirit").

"Rusted Veins", le titre suivant, décolle également en nous proposant un mid-tempo énergique et des riffs entraînants. Mais là où le bât blesse, c’est au niveau de ce chant Black qui ne se marie pas vraiment aux atmosphères du titre. L’intervention du chant clair est salvatrice – surtout qu’il est grâcieux – mais n’est choisie que pour une brève partie. Dommage, car pour le coup, la fin du titre envoie de belles mélodies. "Storm Within My Heart" envoie un peu plus la sauce avec ses passages blastés et ses trémolos-picking, mais là encore le chant colle moyennement à l’affaire. C’est une question de goût, un parti pris respectable, me direz-vous, mais de mon point de vue, cela sape le travail de composition.

J’imagine que vous sentez que je tourne en rond avec cet album, pourtant, en réécoutant "Beneath The Threshold", j’aurais tendance à être moins sévère. Je reste sur ma faim, j’aurais aimé plus de folie et le survol d’une mélancolie plus somptueuse et envoûtante que jamais au sein de ce cinquième album. En faisant les comptes, j’aurais tendance à m’y retrouver de temps à autre, mais pas de quoi me relever la nuit. C’est ainsi. Je salue AUSTERE, que j’aime de cœur, et si le duo continue cette aventure, c’est bien qu’elle leur rend bien, et tant mieux. C’est sans doute ce que je respecte le plus dans la création musicale. Critiquer est aisé, écrire peut-être un peu moins, mais composer, créer, c’est toujours supérieur au reste.

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