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Azelisassath - Ablazen Winds
Chronique par Storm - Publiée le 25/01/2026
Azelisassath - Ablazen Winds
Note : 3.5/6
Genre : Black Metal
Année : 2025
Label : Amor Fati Productions
Pays : Suède
Durée : 32:29
Tracklist :
1.
Ablazen Winds
03:42
2.
Weakened Form
03:34
3.
Kingdom of the Past
03:51
4.
Beslept by the Demons
04:21
5.
Carrion of Deceit
04:53
6.
The Walls of Winter
04:31
7.
Clawed in Clamoring Depths
03:24
8.
Dragged Through the Stars
03:41
9.
Hale of Forlorn Spirits
00:32

D’ici là qu’ils nous créent un nouveau Concilium ceux-là, je ne serai pas surpris. Par ces "ceux-là", je souhaite vous parler bien sûr de Swartadauþuz le Suédois (si vous me lisez, vous aurez remarqué mon intérêt immodéré pour cet énergumène malsain) et de ses fidèles comparses avec lesquels il aime tant commuer : Collier D’Ombre, Alex Poole, Likpredikaren, les frères Blackburn... Nous ne sommes pas loin qu’il nous forme un empire dans l’empire à eux seuls, et qu’un corridor de nuages ténébreux traverse le ciel de part et d’autre de l’Atlantique. Tous ces beaux diables ont investi le Black Metal comme un art de vivre. Leurs œuvres sortent toujours dans une discrétion promotionnelle évidente, sans la moindre volonté de les faire valoir ou de les porter à connaissance d’un large public, Swartadauþuz et sa bande donnent l’impression de reprendre ce flambeau underground si cher à une certaine frange de groupes des 90s.

Pour ce qu’il en est de ce projet AZELISASSATH, imaginez-vous un Black Metal froid, plutôt bien produit (Amor Fati Productions, le label, a toujours bien soutenu ses poulains), où vous entendrez notamment une belle basse bien furieuse et des vocaux suffisamment arrachés pour rendre compte de l’infernalité de l’album d’un noir suffocant et au riffing plutôt hypnotique. Pas d’effusion symphonique et un côté atmosphérique légèrement en dessous de la moyenne des œuvres partagées de Swartadauþuz. La part belle, si j’ose m’exprimer ainsi, est avant tout accordée à ces riffs lancinants et aux leads qui apparaissent de temps à autre pour hanter les compositions ("Kingdom Of The Past", "Carrion Of Deceit") et nous proposer de les suivre vers un antre inconnu et mystérieux.

Justement, ce titre "Carrion Of Deceit" capte très bien l’attention avec son mid-tempo mélancolique et sa sombreur nocturne. À son écoute, l’on perçoit le vol des sphinx et des rapaces tournoyant au-dessus des charognes de la vie. "Dragged Through The Stars" et "Kingdom Of The Past" pourraient également tenir la dragée haute à "Carrion Of Deceit" avec notamment cette ambiance glaciale et nimbée d’une agressivité subtile… un peu la marque de fabrique de ce quatrième album de AZELISASSATH. Et justement, là où je suis un peu plus critique, c’est autour de la grande homogénéité des titres qui, hormis les deux sus-cités, ont du mal à percer la carapace émotionnelle. Les compositions sont bien ficelées, de ce côté rien trop à redire, mais elles ne débordent pas pour autant de moments ou de breaks saisissants. J’épargnerai toutefois "Beslept By The Demons", qui produit un très beau travail d’ambiances entre ténébrosité et mélancolie.

Sans doute que cet album passera à la trappe des plus belles sorties de 2025, mais j’ai envie de vous dire là n’est point l’essentiel. Je reste subjugué par cette opiniâtreté de Swartadauþuz à continuer sa route sans jamais, je le fantasme peut-être, lire une seule ligne d’un quelconque avis sur ses productions. Cette intégrité et cette congruence impressionnantes sont à contre-courant de tout ce qui se passe actuellement dans nos sociétés contemporaines. Le Black Metal ne vendra jamais son âme avec des êtres pareils, et heureusement. Qu’ils en soient remerciés tous autant qu’ils sont.

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