Non, mais quelqu’un pourrait-il rallumer la lumière s’il vous plaît ? Ce n’est pas drôle là, je commence à voir des choses bizarres se dessiner au loin dans ce noir d’encre. Oh bordel, mais on dirait que le sol se dérobe sous mes pieds, mais que se passe-t-il ? Qu’est-ce donc que cette sensation horrible ? Merde, quelque chose de suintant m’agrippe de toutes parts et une drôle d’odeur de mort afflue à mes narines… Non, sérieux les mecs vous me faites flipper, c’est bon ouvrez les volets faites quelque chose, j’ai fait dans mon ben putain…
Ah ! C’est vous les BARSHASKETH. Non mais vous êtes sérieux les mecs ? Vous m’avez foutu une sacrée frousse. Ça vous procure tant de plaisir que cela de faire flipper la planète ? Ah, ok vous recommencerez à loisir sauf si j’écoute une nouvelle fois d’une traite et sans broncher votre nouvel uppercut "Antinomian Ascetism", c’est bien cela ? Entendu. Je dois vous dire de suite ce que j’en pense en toute franchise avant la prochaine sentence ? Allez je m’exécute. Je ne vais pas me couper les cheveux en quatre pour vous dire ce que j’en pense. Vous êtes à la hauteur de vos supplices.
C’est votre cinquième album et votre migration en Écosse vous sied à merveille, même si on s’en contrefout. Mais dites-moi Naas Alcameth (AORATOS, NIGHTBRINGER, AKHLYS), c’est votre meilleur copain non ? ARISTARCHOS, vous connaissez peut-être ? PARFAXITAS cela vous dit quelque chose ? Non, parce que côté tension et intensité vous en tenez une couche, et cet enduit agressif colle à la peau de vos compositions sacrément puissantes et bien dévastatrices un peu à la manière des infréquentables que je viens de citer. Vous ne faites clairement pas dans la dentelle et la production moderne de "Antinomian Ascetism" dope cet effet furieux. Les blastbeats impeccables nous saturent d’acouphènes, les dissonances nous peignent la forme des abîmes si chers à vos cœurs. L’air suffocant que les riffs exhalent vicient l’atmosphère de nappes toxiques et inodores. Les vocaux ténébreux de KG produisent leur petit effet sans toutefois dépasser d’autres maîtres en puissance.
Vous avez le vent dans le dos les mecs et vous le savez. Vous avez une assise forte et implacable, votre Black Metal est viril, fier et violent. "Antinomian Ascetism" ne laisse aucun répit et est sans compromis. Seul le dernier titre "Exultation Of Ceaseless Defiance", avec ces nappes de claviers EMPEROR-iennes, nous ordonne quelques instants de répit. Difficile de se farcir d’une traite ce cinquième album de dingue sans sentir sa gorge se serrer et ses poumons manquer d’air. C’est une suffocation progressive et continue qui vous attend ou une tentative désespérée de ne pas se noyer qui se dessine pour toute perspective. Mention spéciale au titre dévastateur qu’est "Charnel Quietism" qui rappelle parfois un peu le DARK FUNERAL de l’époque révolue avec son riffing typique, mais aussi au très envoutant titre d’ouverture "Radiant Aperture" qui fout une sacrée frousse.
Voilà en substance ce que j’en dirais les gars, cela vous va ? Vous le laissez tranquille, je dois aller changer mon falzar, ça schlingue et colle. Ce n’est sans doute pas beau à voir… La note ? Euh pourquoi ? Il en faut une ? Je dois vous la dire sans trop argumenter et j’aurai quoi ? Des cadeaux ? Bah, je vous mets trois car je sais que l’album suivant dépassera celui-là… Hein quoi ? Vous n’allez pas me faire cela, vous plaisantez hein ? Couper trois doigts ? S’il vous plaît, pitié j’ai pourtant fait tout ce que vous m’aviez dit de faire… Bande de fumiers, saleté d’enfoirés…