Belenos - Egor
Chronique par Storm - Publiée le 25/01/2026
Belenos - Egor
Note : 4/6
Genre : Black Metal
Année : 2025
Label : Northern Silence Productions
Pays : France
Durée : 01:02:59
Tracklist :
1.
D'ar viken
06:29
2.
Bolz-noz ifernus
05:29
3.
Morzhol tan
05:52
4.
E gor an egor
06:05
5.
Tenvalijenn
06:24
6.
Kabalastral
05:01
7.
Korollarvest meurdezus
05:42
8.
Sterenn du
05:00
9.
Heg vras an didermen
04:52
10.
Dreist an hollved hewel
04:09
11.
Tuzumded
05:32
12.
Hurlink
02:24

Je ne suis pas le seul à avoir attendu ce nouvel album cette année, nous sommes un certain nombre à garder en mémoire notamment les heures fastes des premiers albums de Loïc Cellier, notamment avec les "Spicilège" et autres "Errances Oniriques", qui, du reste, m’avaient marqué en leur temps et sont toujours de bons brûlots discrets et efficaces, un peu comme l’est l’essence même de ce projet. Alors, pour mieux apprécier ce dixième album, je me suis replongé dans la première démo majestueuse qu’est "Notre Amour Éternel". L’avez-vous déjà écoutée ? Oui, car elle vaut son pesant d’or, avec des titres très Pagan mélodiques et cette touche quasi romantique qui pourrait, de temps à autre — je dis bien de temps à autre —, vous rappeler quelques touches singulières à la FORBIDDEN SITE. Mais en la réécoutant, j’ai ressenti ce travail de Loïc déjà remarquable, précis et inspiré, aux instrumentations travaillées, qui sera le principal fil rouge dans la discographie de BELENOS, sur les titres puissants et émotionnellement riches que sont "Le Déluge", "Adorable Mépris"… que je vous convie à écouter expressément.

Je ne vous ferai pas l’article concernant les deux premiers albums que je vous ai cités en introduction, mais il me faudra, si les dieux le veulent, vous en écrire quelque chose, tant leur bellicosité pourrait vous donner du fil à retordre. BELENOS n’a jamais été un projet à la petite semaine, il est le fruit d’un grand travail de composition, personne ne le contestera. Avec "Egor", Loïc Cellier nous offre un album copieux (trop !) de plus d’une heure d’un Black Metal au tempérament bien trempé du côté des éléments atmosphériques et introspectifs. En résultent des titres plutôt longs, richement dotés en mélodies, régulièrement bordés par un mid-tempo hypnotique et chargé de leads savoureux. Du reste, l’ensemble des compositions est réellement complexe. Variées dans leurs séquences, elles exigent néanmoins une écoute besogneuse et réitérée. Les titres ne sont pas aisés d’approche et pourront ne pas contenter immédiatement les impatients.

Pourtant, la magie opère pour certains. Je pense en disant cela à "Tenvalijenn (Obscurity)" notamment, ou bien encore à "Sterenn Du (Black Star)", mais aussi à la très belle instrumentale "Korollarvest Meurdezus (Majestic Ballet)" qui arrive plutôt aisément à nous embarquer dans son voyage païen avec des riffs solides, aventuriers et des ambiances mélancoliformes. Le chant en breton de Loïc pourrait paraître exotique mais il colle très bien à son Black Metal mélodique, et rajoute de ce sel épique, bien que sa présence ne soit pas omnipotente. En effet, plus encore que sur ses précédents albums, Loïc fait la part belle aux instrumentations, laissant les riffs guerriers prendre leurs droits et occuper le terrain des titres, et je remarque que cela fonctionne plutôt bien, même si son chant n’est point désagréable (mais ce n’est pas l’atout de cet album pour ma part). "Egor" souffre un peu de sa longueur car, bien que les titres soient variés dans leur rythme, ils concentrent pourtant une même ambiance lourde, quasi doomy, jamais larvée mais dense, tellurique, je dirais.

"Egor" (= "espace" en breton) est le dernier chapitre d’une trilogie centrée autour des éléments, entamée avec "Kornôg" en 2016. Concentré autour du « feu stellaire », il est, selon l’aveu de son auteur, l’album le plus difficile qu’il ait eu à composer. Une nouvelle fois, Loïc Cellier a tout fait lui-même, y compris une partie du livret, à partir de photos d’objets stellaires qu’il a observés en Bretagne avec son télescope. L’aspect cosmique de l’album se fait de temps à autre entendre, notamment sur le titre de clôture, "Hurlink (Nightmare)", très proche d’un Dark Ambient à la SHRINE. Même si l’album m’a beaucoup plu, sa grande complexité me refrène parfois à le réécouter. Mais le plaisir d’écoute, si, un tant soit peu, on évacue l’impatience, revient toujours. "Egor" est un très bel opus, l’un des plus beaux de BELENOS depuis longtemps. À l’instar de NYDVIND, et notamment de son dernier album, "Tetramental II - Telluria", BELENOS continue son chemin, en solitaire, guidé par sa seule lumière… depuis des décennies.

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