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One Of Nine - Eternal Sorcery
Chronique par Storm - Publiée le 25/01/2026
One Of Nine - Eternal Sorcery
Note : 5/6
Genre : Melodic Black Metal
Année : 2023
Label : Wolves Of Hades
Pays : États-Unis
Durée : 34:44
Tracklist :
1.
Lurkers of the Half-Light
01:15
2.
The Silence of Heaven
03:56
3.
Dark Magic River
05:04
4.
Mother of Shadows
03:51
5.
Moonlit Sacrifice
05:09
6.
God Chain
05:06
7.
Wrathful Rebirth
03:16
8.
A Hunter Rides the Night
07:07

Les envolées glaciales des riffs, ils les connaissent et les prodiguent avec une belle maestria, les Américains de ONE OF NINE. Les pratiquant avec autorité, suppléées notamment par le concours savant de nappes de claviers discrètes, point trop téméraires, mais marquant fièrement le sceau impérial, EMPEROR-ien grande époque pourrait-on dire, et divinement lugubre, c’est une forme d’éther musical qui paraît à première vue caractériser ce projet. "Eternal Sorcery" est le premier album de ce projet, un peu tombé dans les oubliettes – à tort – au moment de sa sortie et qui, bien réhabilité par l’enthousiasme reçu lors de la sortie du second méfait paru cette année, "Dawn Of The Iron Shadow", distille enfin toute la science venimeuse qu’il contenait déjà. Les amateurs biberonnés aux projets de MOONLIGHT SORCERY ou bien encore de STORMKEEP y trouveront de quoi se sustenter grassement.

Et pour faire valoir cette filiation, les Américains de ONE OF NINE jouent également avec une mélodicité sans faille, bien chevillée au corps de leurs compositions et avec une réelle efficacité. De belles lignes mélodieuses vont se hisser aisément dans les circonvolutions sensibles de votre cerveau. Cet album, bien plus que le second, joue avant tout sur la mélodicité et la sombreur. Quelque part plus classique dans son approche, "Eternal Sorcery" rivalise pourtant de délicatesse avec des titres prenant une belle ampleur atmosphérique. Les guitares, assez incisives, ont cette aisance toute DISSECTION-ienne à produire de très beaux paysages sonores. Je pense par exemple au titre savoureux qu’est "God Chain", avec ces entrelacs majestueux entre la guitare rythmique et celle du soliste. Les tournures sont belles et conservent cette agressivité solide qu’encadrent les vocaux congruents de Fellrider Of Northern Unlight (sic).

"The Silence Of Heaven", le titre qui ouvre le bal, est aussi très bavard de ce côté-là. Ambiances dentelées, puissance rythmique et leads chatoyants. Ses dernières secondes à la guitare acoustique, encadrées par les claviers, sont évidemment une conclusion fort plaisante. Et les Américains d’ONE OF NINE embrayent sur un "Dark Magic River" qui se drape de quelques notes épiques fort intéressantes. Le château noir de la pochette se mire alors dans toute sa majestuosité et sa sombreur. Les éléments mystérieux que forment certains de ses détails se regardent alors avec une curiosité plus grande encore. Et lorsque déboule le vampirique "Moonlit Sacrifice", nous sentons tout notre être happé à l’intérieur. C’est avec le titre instrumental, acoustique et mélancolique "Wrathful Rebirth" que nous ressentons également cet éther disparate qui nous trouble la vue et nous fait ressentir l’éphémère et la fragilité.

Pour un premier album, les Américains de ONE OF NINE ont clairement performé un album de Black Metal ingénieux, à l’identité propre. Certes, "Eternal Sorcery" ne réinvente pas la roue, mais il sait la faire tourner avec beaucoup d’éclat. Le magnifique titre "A Hunter Rides The Night", qui conclut l’album, est à l’image de la qualité solide qui émane du jeu de chaque musicien : précision, mélodicité et profondeur émotionnelle. Le groupe va continuer ses pérégrinations musicales et ses lectures soutenues de l’œuvre de Tolkien pour accoucher, deux ans plus tard, de "Dawn Of The Iron Shadow", album épique, bien plus singulier et original, avec lequel le groupe semble vouloir accéder à un trône plutôt convoité : celui de seigneur ès envoûtement du Black épique et mélodique.

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