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Kveldstimer - The Cursed Oak
Chronique par Storm - Publiée le 25/01/2026
Kveldstimer - The Cursed Oak
Note : 5/6
Genre : Symphonic Black Metal
Année : 2025
Label : Autoproduction
Pays : États-Unis
Durée : 37:06
Tracklist :
1.
Withering Storm
04:15
2.
Broken Limbs in the Frost
04:43
3.
Tranquil Attunement
05:38
4.
Solitude's Garden
02:14
5.
Sacrifices
02:40
6.
Their Eyes in the Shadow of the Moon
04:20
7.
Last Stand of the Cursed Oak
05:20
8.
Shadowdance
03:36
9.
Emit the Cull of Life
04:20

Depuis une belle petite poignée d’années, nous assistons à une passation passionnante entre les vieux de la vieille et une nouvelle génération fertile, ultra-inspirée, et qui reprend le flambeau du Black Atmo et Sympho laissé un peu pour mort depuis les sombres temps d’EMPEROR ou d’autres comparses de la fin des années 90. De part et d’autre de l’Atlantique, ces personnages tout à la fois mystérieux et peu loquaces nous assènent des albums passionnants, hautement inspirés, précis dans leurs volutes mélodiques ténébreuses et le soupèsement de leurs ambiances. Si vous suivez un peu les chroniques récentes que j’ai écrites et le fil d’Ariane que j’essaie de tenir, vous n’aurez pas de difficultés à entendre les mots Swartadauþuz, V-KhaoZ, Alex Poole alias "Esoterica" sortir de ma bouche.

Et je crois qu’il me faudrait aussi rajouter l’Américain Rory Flay, alias "Collier D’Ombre", qui, à l’image de ses autres confrères, fait une percée de plus en plus sensationnelle en produisant à son compte une myriade de projets bien intéressants dont ce KVELDSTIMER. Aidé de Alex Poole, alias "Azeruel Woldaeg", sur cet album, un touche-à-tout de génie, je le répète, la plongée promise dans « l’Enfer d’un Black Metal Symphonique » est juste une évidence. Et dès les premières secondes, le duo ainsi agrégé ne va pas ménager sa peine pour nous envoyer de suite dans la pénombre où, à l’image de cette pochette, les ombres grimaçantes et menaçantes des conifères nous rappellent l’hostilité de la nuit. Les claviers suprêmement hantés me rappellent ceux bien singuliers qu’Alex Poole développait notamment au sein de l’album "Of Momentous Endless Night" de son autre projet RINGARË, avec leurs côtés spectraux et lancinants.

Il y aurait beaucoup à dire de cet album tant les arrangements sont flamboyants. La production, bien suffisante, nous laisse percevoir tous les instruments et notamment cette belle basse qui nous gâte de ses soubresauts. Le fuzz des guitares est aussi assez exceptionnel, et se noie à merveille avec les nappes fantomatiques des claviers. À vrai dire, "The Cursed Oak" est un manifeste imparable de la majestuosité de ce que doit être le Black Symphonique. Hormis la technique instrumentale irréprochable du duo, les riffs sont juste savoureusement hypnotiques et les leads, surtout, nous écarquillent les yeux. Écoutez, par exemple, cette symbiose parfaite entre claviers et leads dans les titres "Withering Storm", "Tranquil Attunement", ou bien encore "Last Stand Of The Cursed Oak". Le jeu vocal de Collier D’Ombre donne aussi encore un peu plus de matière pour engendrer cette beauté maléfique qui mord chaque morceau. J’aime aussi tout particulièrement les incantations qu’il profère de temps à autre avec son chant clair ténébreux.

Si l’homogénéité est de mise avec ce type de Black Metal Symphonique – et je pense aux œuvres de Black Sympho de Swartadauþuz en disant cela (GNIPAHÅLAN, TROLLDOM, GARDSGHASTR) –, difficile de ne pas concéder ne serait-ce qu’une admiration face à un tel déchaînement de blasts et d’envolées lugubres et stellaires. De quoi nous mettre en orbite autour des Enfers et d’y rester. J’ai souvent eu cette impression d’y entendre un genre de DJEVEL à la sauce symphonique et américaine, mais indubitablement, KVELDSTIMER est une sortie solide, envoûtante et incroyable de 2025. La courtesse des titres permet aussi une certaine forme de respiration, car les apnées vont s’enchaîner avec des compositions très agressives et plus mordantes les unes que les autres. Les deux titres instrumentaux, "Solitude’s Garden" et l’Outro "Emit The Cull Of Life", vont aussi permettre de se ravitailler en oxygène l’espace d’un instant salvateur. De quoi survivre donc, et de sentir encore quelques pulsations… Grandiose !

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