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Neptune Towers - Caravans To Empire Algol
Chronique par Storm - Publiée le 26/01/2026
Neptune Towers - Caravans To Empire Algol
Note : 4.5/6
Genre : Astral Synth
Année : 1994
Label : Moonfog Productions
Pays : Norvège
Durée : 37:13
Tracklist :
1.
Caravans to Empire Algol
24:34
2.
The Arrival at Empire Algol
12:39

Cela ne transparaît pas aux premiers abords, mais certains pionniers du Black Metal en Norvège notamment, étaient de grands amoureux de la mouvance Krautrock des 70s. Il est possible que, pour certains,  leurs parents les ai bercé in utero ou aux premiers âges de la vie, avec la musique électronique cosmique d’un Klaus SCHULZE ou celle de TANGERINE DREAM. Il faut dire que cette musique stellaire, narrative a su plonger toute une génération dans des voyages intérieurs longs et hypnotiques. Par des patterns et des séquences répétitives, des progressions lentes, spectrales voire hallucinées, elles-mêmes conduites et entraînées par des synthétiseurs analogiques, des nappes méditatives ainsi que des drones profonds et diffus, cette [i]Kosmische Musik[fi], comme il est de bon ton de la nommer, a été la pouponnière riche et visionnaire qui a permis par la suite l’émergence d’autres styles tels que l’Ambient, le Space Rock mais également et surtout la musique Électronique.

En 1993, Fenriz de DARKTHRONE crée NEPTUNE TOWERS, et sort ce premier album sous la bannière de Moonfog Productions (le label d’un certain Satyr). Il s’agit d’ailleurs de la deuxième signature du label après celle du "Dark Medieval Times" de SATYRICON (tiens donc !), c’est dire si le boss aux commandes n’avait pas froid aux yeux. Avec "Caravans To Empire Algol", Fenriz nous plonge dans cet Astral Synth clairement Schulzien par son austérité, Göttschingien par sa répétition, et Tangerinien par son imaginaire cosmique. Deux longs titres composent cet album, notamment le premier d’entre-eux, dont la durée dépasse les vingt-quatre minutes et qui reste le plus intéressant des deux. Comme une forme de Dark Ambient spatial, la musique de NEPTUNE TOWERS, à l’instar de la période cosmique de LUSTMORD, nous plonge dans un trou de vers, dans un espace où, la matière, le temps et la forme se déforment et se distendent.

Les drones pulsants et répétés, les spirales des sons des synthétiseurs, nous dépouillent de notre humanité, nous desquament de notre peau perméable. Notre conscience se détache, se dissout et se perd dans le firmament des étoiles et de l’infini. Fenriz voulait rendre hommage à la musique de Klaus SCHULZE, et son travail, sur ce premier titre éponyme, est assez remarquable. Parfois austère, souvent guidée par la transe, la musique de NEPTUNE TOWERS nous fait flotter dans un hors-temps vertigineux là où la libre-association est de mise et permet toutes les extravagances de la pensée. Enveloppé par les souffles cosmiques et des ténèbres tâchées, Fenriz nous fait contempler et explorer l’univers néantique, tout à la fois beau et terrifiant. "The Arrival At Empire Algol", le second titre, marque comme son nom nous l’indique, la fin du voyage et l’arrivée dans un monde hostile, décharné et à déchiffrer. Les ambiances plus froides et angoissantes nous font apercevoir des créatures inconnues et des corridors de vide où les forces invisibles s’entrechoquent et se pulvérisent dans un magma sonore calme et diffracté…

C’est dans les dernières minutes de ce second titre que nous comprenons la fin du voyage et notre propre disparation. Les dernière boucles hypnotique vont laisser place à l’effusion, l’éruption finale d’un bruit total, parasitant toutes les dimensions pour phagocyter, s’il y a lieu encore, les derniers résidus, les dernières alluvions terrestres, les dernières cellules et molécules d’être pour laisser place à… l’Éternité.

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