Christ Agony - Anthems
Chronique par Storm - Publiée le 27/01/2026
Christ Agony - Anthems
Note : 4/6
Genre : Melodic Black Metal
Année : 2025
Label : Deformeathing Production
Pays : Pologne
Durée : 45:51
Tracklist :
1.
Empire of Twilight
07:50
2.
Throne of Eternal Silence
07:36
3.
Sanctuary of Death
06:29
4.
Rites of the Black Sun
08:08
5.
Dark Waters
08:27
6.
Nocturnal Dominion
07:21

Après vous avoir chroniqué les deux albums de la discographie de notre ami Cezar, que j’apprécie le plus, voilà qu’une décade presque après le précédent album, "Legacy", CHRIST AGONY se rappelle à mon bon souvenir et sort son neuvième opus long format en cet automne 2025. Serais-je en droit d’attendre un vrai renouveau, un souffle occulte enfin retrouvé après une série d’albums parfois fort médiocres (un conseil, passez votre chemin concernant "Darkside" (1997), "Trilogy" (1999) et leur Black/Indus de mauvais aloi), voire passables malgré de bons passages et de bonnes ambiances de-ci de-là, n’exagérons rien ("Elysium" (1999), "Condemnation" (2008)) ? Bien que Cezar ne se soit jamais trop éparpillé dans maints projets, il a toujours porté très fort les affres de son projet principal. CHRIST AGONY s’était endormi depuis bien trop longtemps, j’avais presque oublié toutes les écoutes immersives que ces premiers albums m’avaient procurées. Qu’allait-il donc nous offrir ? Des mélodies racées et occultes, des riffs maniant l’émotion et le mystère, comme mon souvenir aimait à se rappeler ?

Dès la première écoute, il m’est aisé de dire qu’"Anthems" ne déroge pas au style singulier des débuts de CHRIST AGONY, et c’est à l’évidence un premier bon point. L’album précédent, "Legacy", avait déjà rétabli la barre dans la bonne direction, et "Anthems" confirme enfin que Cezar a stabilisé sa formule d’alchimiste. Nous pouvons y entendre son chant vociféré, puissant et rauque, dont le grain s’est embelli, ne paraissant pas pâtir des années, et c’est plutôt un très bon point. La mélodicité est de mise, tantôt discrète et noyée dans le fuzz, tantôt lumineuse et bien expressive. Les nappes de claviers, d’ordinaire plutôt rares, sont ici parfois bien mises en avant et donnent ce côté EMPEROR-ien à certaines compositions. Je pense par exemple à la très réussie "Sanctuary Of Death", aux breaks entraînants qui émaillent ses minutes, à son clair-obscur mélancolique et son abord labyrinthique et complexe parfois. Un très beau titre.

Je trouve également que le titre précédent, "Throne Of Eternal Silence", tire bien son épingle du jeu. Son introduction au didgeridoo annonce son atypicité. Les chœurs spectraux, qui traversent ce titre, apportent une belle plus-value atmosphérique, déjà bien nourrie par les riffs et les rythmes entrancés de la batterie. Je pourrais vous dire quelques mots aussi sur les notes plus épiques et sombres de "Rites Of The Black Sun" qui, comme son nom le laisse présager, trempe dans un mid-tempo hypnotique et vénéneux, luciférien et majestueux à la fois. J’aurai moins d’emphase pour d’autres titres tels que "Empire Of Twilight" et "Nocturnal Dominion" qui, substantiellement, n’apportent pas foncièrement d’ambiances marquantes.

Au total, si je dois porter un jugement sur "Anthems", je dirais que CHRIST AGONY revient, un peu d’entre les morts, à sa manière, sans états d’âme ni fracas mais avec toute la maturité et l’expérience acquises. Cezar nous propose donc l’un de ses plus beaux albums, après des années d’errances. Comme j’aime à le dire souvent pour les albums complexes, "Anthems" se bonifie avec le temps et le nombre d’écoutes. Ce côté occulte, jamais trop démonstratif, de la musique de CHRIST AGONY opère son savoir en aimantant de plus en plus ses titres à vos neurones. En tout cas, de mon côté, cela a très bien fonctionné. J’imagine que cet album très encourageant, très bien composé et passionnant aura donné de l’eau au moulin de Cezar pour qu’il nous produise une suite. Avec tout mon espoir.

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