Dark Monument - Zerissen
Chronique par Storm - Publiée le 28/01/2026
Dark Monument - Zerissen
Note : 4.5/6
Genre : Depressive Black Metal
Année : 2025
Label : First Floor Funeral Records
Pays : Allemagne
Durée : 36:47
Tracklist :
1.
As Darkness Reigned
05:02
2.
Nightly Paths
05:31
3.
Lichtbruch
01:28
4.
Zerrissen
04:50
5.
Pest
06:46
6.
Sheol
13:10

Il y en a un certain nombre qui ne jurent que par les vieilles soupes et leurs vieilles reliques, boudant pour différentes raisons les sorties et les groupes récents. Grand bien leur fasse. Et puis il y en a d’autres qui ne crachent jamais dans la vieille marmite et les potions qui les ont bien fait grandir, mais ont toujours soif de nouvelles formules, de variations ou d’autres ingrédients, et ce de manière inétanchable. La scène allemande du Black Metal a toujours été l’une des plus prolifiques, et dès le début de la seconde vague du milieu des 90s, déjà des noms fabuleux s’agitent dans ma tête : LUNAR AURORA, MENHIR, MEPHISTOPHELES, ARATHORN, BLACK MESSIAH…

DARK MONUMENT nous dresse ici son premier album d’un Black Metal désespéré et aux abois. Une partie du line-up du groupe officiait auparavant dans une entité de Deathcore à consonances Death, et cela se ressent un peu dans les regains de vitalité que nous présentent par moments certains titres de l’album. Lorsque j’ai écouté pour la première fois ce "Zerissen", j’ai eu comme le sentiment d’écouter un LEIÞA plus mélancolique encore. Il faut dire que la naissance de DARK MONUMENT est reliée à des évènements douloureux traversés par le chanteur et compositeur pendant la période du Covid-19. Et ce bain d’émotions noirâtres et désespérées se ressent dans les crachotements sombres et torturés de son jeu vocal qui reste d’un niveau assez spectaculaire.

Manuel Moser arrive à nous dépeindre ses tourments avec mélodicité et hantement. À l’image de cette pochette qui nous ouvre une fenêtre falote donnant sur une image exprimant la solitude et la dureté de l’être face aux assauts de la Nature, l’atmosphère pesante, lourde et dépressive des titres nous colle à la peau et nous remplit les bronches. La présence des claviers – très bien amenés –, discrète mais essentielle, donne de l’allure à ce Black Metal sacrément tourmenté. Le titre éponyme, notamment, nous assaille de ses leads souffreteux qui nous malmènent. Éclatant d’une beauté maladive et douloureuse, ce titre termine sa course dans des arpèges délicats. "Pest" est un autre titre qui me passionne, avec notamment ce rythme hypnotique d’un riff qui me fait beaucoup penser au titre "Landscape In Minor" d’autres Allemands bien plus dingues encore : ANTI. Mais "Pest" ne se résume pas à cela. Encore une fois, la dimension des claviers donne de la matière au riffing et aux expressions de leurs tumultes.

Et le sommet de l’album, qui déjà ne manquait pas d’un dénivelé positif au fur et à mesure qu’il s’égrenait, arrive avec "Sheol", l’ultime titre de "Zerissen". Treize belles minutes, poignantes et saturniennes. Saisissantes, elles s’accordent avec les battements de votre cœur et nous plongent dans le soleil noir de la mélancolie. Seul un petit sursis, un nouvel espoir apparaît deux minutes avant la fin avec ce changement de rythme et ce piano joueur qui, presque, conclut un album beau de bout en bout. Il n’y a donc pas à hésiter pour entamer son écoute et y être piégé… les DARK MONUMENT sont bien jeunes, et si "Zerissen" est un premier exutoire, la suite et l’avenir leur sourit d’un air carnassier.

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