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Drudkh - Shadowplay
Chronique par Storm - Publiée le 28/01/2026
Drudkh - Shadowplay
Note : 6/6
Genre : Atmospheric Black Metal
Année : 2025
Label : Season Of Mist Underground Activists
Pays : Ukraine
Durée : 55:04
Tracklist :
1.
Розвіювання попелу (Scattering the Ashes)
07:23
2.
Квітень (April)
11:11
3.
Вигнання (The Exile)
10:12
4.
Опале цвітіння (Fallen Blossom)
06:50
5.
Напередодні (The Eve)
07:07
6.
Спрага (The Thirst)
12:21
Avertissement :
Cette chronique a été rédigée dans une démarche critique et en aucun cas pour promouvoir les idéologies ou opinions politiques éventuellement portées par les artistes.

Il y aura toujours des rabats-joies et des mauvais coucheurs qui s’amuseront facilement à conchier DRUDKH et à ne voir de ce duo Ukrainien qu’un groupe en perte de vitesse, confortablement installé dans son succès d’antan, déroulant des mélodies plus ou moins prévisibles et dupliquant avec moins d’envergure les vertus envenimées des premiers albums de feu de sa longue discographie. À ceux-là je n’aurai pour leur répondre que mon silence. Thurios et Saenko ont toujours produit ce qu’ils savaient le mieux pour DRUDKH : un Black Metal Atmosphérique mélancoliforme à l’agressivité prégnante mais aux effusions contenues.

DRUDKH n’a jamais éteint sa flamme, n’en déplaise à ses détracteurs. Je dirai même que nos chers Ukrainiens ont su l’entretenir malgré les vents et les pluies et, qu’à l’instar d’un jardin que l’on entretient, ils ont su développer l’aura puissante, magnétique, hypnotique et altière dégagée depuis toujours par leurs compositions. Et cet album n’en fera pas défaut, soyez-en rassurés. DRUDKH n’est pas de retour puisqu’il ne nous a jamais quittés. À nouveau il s’invite intensément dans nos nuits, apparaît errant, fantomatique, subrepticement dans nos antres, nous tend la main pour glisser dans son monde invisible.

Et c’est avec une palette émotionnelle à nouveau exceptionnelle que Thurios et Saenko parent les titres de ce treizième album. Écoutez la sublime et délicatement atmosphérique "The Exile" avec ses empreintes sonores et mnésiques intenses, ses nappes de claviers glaciales et d’une tristesse sans nom. À l’écoute de ce titre, nous devons nous incliner. Quel autre groupe de Black Metal contemporain pourrait produire un aussi beau riffing onirique couplé à des saccades rythmiques hypnotiques et des nappes aussi mélancoliquement envoûtantes ? Les plus fins connaisseurs en trouveront assurément, mais tiendront-ils la dragée haute à l’ensemble de la discographie de DRUDKH ?

Inutile de chercher à se justifier, le projet DRUDKH est tout aussi intime que SUMMONING peut l’être à mon cœur. J’emmène tous ces albums avec moi et je jette mon dévolu sur ce superbe "Shadow Play" – qui porte si bien son nom – loin de tout, bien conscient qu’il va tour à tour et au fur et à mesure des écoutes avoir ce pouvoir étrange de m’absorber, pour qu’enfin, de manière subtile et habile, faire en sorte que je lui appartienne… Puis, comme à l’accoutumée, à mon tour, j’en ferai de même et je bouclerai la boucle : lui comme moi, nous vivrons ensemble, nous serons enchaînés l’un à l’autre et nous animerons cette dépendance dans les volutes de l’esprit.

Voyez-vous, je m’aiderai du pouvoir savant de "The Eve" pour sentir cette métamorphose progresser à l’intérieur de moi et développer un peu plus encore ces sensations étranges de communion qui se hissent de manière pulsatile dans mes veines, affluent pour tapisser l’entièreté de ma peau et rayonnent en constellant mon cerveau. Quelle beauté que ce titre final "The Thirst"… Quelle poésie sonore emplie de songes, DRUDKH en devient vibrant, bouillonnant. Il agite tant et tant l’expression d’émotions pures, il sait conduire les forces de la Nuit et de la Nature à nous dévoiler leurs secrets… Écouter DRUDKH au contact de ces suprêmes forces est une expérience en soi, et je dois l’admettre, j’en suis si friand.

"Shadow Play" confirme et consacre à nouveau Thurios et Saenko. Ils sont impériaux sur la quasi-heure de musique qu’ils nous offrent avec la fermeté qui les caractérise. Seul le titre "Fallen Blossom" souffre d’une baisse d’élan. Cependant, même celui-ci ne saura ternir tout le bien et le mal (nécessaire) que je pense de cet album et qu’il me fait vivre avec une si puissante authenticité et intensité. DRUDKH a parfumé mes premiers jours de printemps et embaume déjà les autres longs mois de cette année. C’est pourquoi ma note finale ne pliera pas, et ma conviction en celle-ci ne saurait faiblir. Merci DRUDKH.

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