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Firienholt - Night Eternal
Chronique par Storm - Publiée le 30/01/2026
Firienholt - Night Eternal
Note : 4/6
Genre : Epic Black Metal
Année : 2025
Label : Naturmacht Productions
Pays : Royaume-Uni
Durée : 48:29
Tracklist :
1.
A Land Beyond the Snow
09:28
2.
The Vale of Haunted Shadow
08:36
3.
A Realm Reborn in Fires of War
08:55
4.
Black Wings in Cimmerian Skies
09:08
5.
Entombed in the Halls of Stone
12:22

Dans ce que l’on appelle justement ou pas les ersatz de SUMMONING, nous trouvons de tout : de très bons disques et d’autres un poil plus infâmants que la moyenne. Je n’ai pas manqué de tresser des couronnes de laurier à certains d’entre eux, notamment "The Lost Dimension" de DRUADAN FOREST, qui reste pour moi d’une beauté sans nom (et je pèse mes mots). J’ai aussi insisté récemment sur d’autres entités telles que BELORE, FROZEN DREAMS et FORGOTTEN WINTER, qui cochent, à des degrés divers, de très belles cases pour se voir décerner le titre honorifique et émérite de Black Metal épique SUMMONING-ien.

J’ai, pour ma part, encore un peu de travail à venir pour vous parler tantôt du projet français ERROIAK, qui vaut sacrément le détour avec ses très belles reprises de l’entité autrichienne, sorties cette année sous la houlette de l’album "Echoes From The Dark Land". Peut-être que je me tenterai aussi dans un avenir proche à chroniquer les trois albums du one-man band italien EMYN MUIL, qui n’a pas tout à fait produit de la merde (car des SUMMONING-like bien pourraves il y en a quelques pelletées), ou l’album d'AVATHAR "Where Light And Shadow Collide" (qui vaut le détour). Mais place aujourd’hui à ce projet, FIRIENHOLT. En avant Frodon !

Ce trio anglais nous propose leur troisième album en ce printemps charmant. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que "Night Eternal", s’il ne nous fait pas oublier de prime abord l’influence du projet fondateur du Black Metal épique, ne m’a certainement pas laissé sur ma faim. FIRIENHOLT n’est en aucune sorte une caricature ni un pastiche risible, bien au contraire, nos Anglais disposent de certaines ressources pour s’extirper de cette nasse volontiers piégeuse et qui pourrait leur coller à la peau un peu facilement. Plus atmosphérique et moins accroché au Black Metal, FIRIENHOLT déroule un peu à la manière du one-man band français BELORE, des titres accrocheurs mélodiquement parlant et combinant une palette émotionnelle variée. L’utilisation très juste des claviers, de la batterie programmée de manière tribale (et pour le coup à la manière de SUMMONING) et des riffs point trop en arrière de la scène sonore nous prodiguent des titres efficaces en termes d’ambiances.

Bien efficace même. Cinq titres pour une cinquantaine de minutes environ de musique épique et atmosphérique, ce n’est déjà pas si mal. Alors oui, le riffing d’ouverture et deux trois ambiances de "The Vale Of Haunted Shadow" vous feront irrémédiablement penser au "In Hollow Halls Beneath The Fells" de SUMMONING (album "Let Mortal Heroes Sing Your Fame"), mais le pouvoir des leads et la gracilité des claviers tempèrent aussi cette influence. Les Anglais de FIRIENHOLT nous livrent un titre enchanteur, très beau avec des chœurs qui vous rappelleront ceux de CALADAN BROOD mais avec davantage de ferveur et de beauté. Certes, le début de "Black Wings In Cimmerian Skies" vous rappellera également le "Like Some Snow-White Marble Eyes" du duo autrichien sur l’album "Stronghold", mais encore une fois le titre continuera sa progression vers des horizons plus lumineux et bucoliques grâce notamment à ce très beau passage atmosphérique de près de quatre minutes apparaissant peu après la quatrième minute.

Je reste néanmoins sur ma faim concernant le chant Black, que je ne trouve pas assez puissant et qui a tendance à ternir un peu trop les ambiances. N’est pas Silenius qui veut (désolé pour le tacle). Les parties de chant clair sont bien mieux réussies, je trouve, même si elles restent éparses tout au long de l’album. Je reste également moins emballé lorsque les claviers empruntent les sonorités « à la LUSTRE » qui ont tendance à trop lisser le propos de FIRIENHOLT et à le rendre un peu guimauve à mon sens. Ce qui est le cas notamment sur la longue piste de clôture qu’est "Entombed In The Halls Of Stone". Dommage, car lorsque nous écoutons avec délectation les leads bien gracieux et les parties en chant clair, ces deux bons points méritent que l’on s’y attarde plutôt deux fois qu’une…

Pour conclure, sachez que les trois premiers titres sont quasiment du travail d’orfèvrerie. Si leurs ambiances et leurs mélodies ne retiennent pas de suite l’attention, la réécoute besogneuse de ces titres diffuse au fur et à mesure leur venin continu et laisse apparaître peu à peu leur aura. À la manière de SUMMONING, "Night Eternal" demande à ce que l’on lui accorde du temps, moyennant quoi vous accéderez à ses récompenses. Et ce troisième album en contient de belles poignées.

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