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Funeral Harvest - Malum In Se
Chronique par Storm - Publiée le 31/01/2026
Funeral Harvest - Malum In Se
Note : 3/6
Genre : Black Metal
Année : 2025
Label : Amor Fati Productions
Pays : International
Durée : 22:10
Remarques : EP
Tracklist :
1.
Offertorium
02:17
2.
Draco Nequissime
05:05
3.
Djævulen
04:56
4.
Vox Diaboli
02:18
5.
Angel of Violence
03:18
6.
Truth is Truth, Beyond the God (Celestial Bloodshed cover)
04:16

En matière d’orthodoxie, le Black Metal, du côté de cette branche-là, nous assène chaque année quelques bons albums remplis de vice. Nous ne parlerons donc pas du tout dernier CLANDESTINE BLAZE, "Consecration Of The Blood", qui est un brûlot sans nom mais qui chagrinera les grands ordonnateurs de la paix entre les peuples. Je vous enjoins pourtant de l’écouter, mais toujours avec un bisounours à portée. Maintenant, jetons notre dévolu sur cet EP grimaçant qui fait de très beaux gestes d’amour vers Satan et à toutes les forces noires sur le pied de guerre pour exhaler leur hostilité. FUNERAL HARVEST est pourtant un groupe multiculturel aux expressions abominables (oui, ce n’est pas du Télétubbies Black Metal) où l’Italie, la Norvège et l’Allemagne s’entrechoquent de par le line-up. Ce dernier ayant déjà attisé les braises de l’Enfer avec son premier méfait remarqué sorti en 2022 : "Redemptio".

Forcément, les amateurs de ce type d’insanies n’ont certainement pas la mémoire courte et guettaient sans mot dire, à l’orée d’un bois incandescent, une nouvelle offre de ces beaux diables. Et c’est le label Amor Fati Productions, dont l’acuité n’est dorénavant plus à contester, qui s’y colle et signe ce "Malum In Se". Qui dit EP, dit courtesse, mais en l’occurrence l’opus comble très bien ses titres de ce que l’on attend de lui : bellicosité, agressivité dérangeante, rythmes endiablés, riffs sans fioritures, ambiances glaciales et mues dans leur plus simple expression (pas de claviers, pas de voix féminines, ni d’atmosphères délicates…). "Malum In Se" schlingue bien l’ébouillantement des âmes et la célébration de l’infernalité. Point trop lugubre, cette nouvelle sortie est davantage articulée autour des vocaux rageurs et irascibles du compositeur Nathas.

Après une introduction assez dispensable, l’EP démarre sur les chapeaux de roue avec un frénétique "Draco Nequissime" montrant bien les muscles qui, avec son inhospitalité de ton, nous embarque dans des abîmes aux parois tranchantes. La mélodicité est de mise avec de belles lignes de guitares et des leads point trop dissonants. Les chœurs spectraux accompagnant Nathas aèrent « légèrement » la mitraille incessante du batteur. Le titre fait donc bien son office mais reste dans les canons du genre. La bonne surprise provient davantage du titre suivant, "Djævulen", avec son mid-tempo hypnotique et dévasté qui nous tient les neurones à la manière d’un SLAGMAUR. Du reste, avec cette batterie propre et ce riffing froid enveloppé de brume, j’ai trouvé quelques échos du titre "Hvite Krists Død" de SATYRICON sur ce "Djævulen", ce qui n’était pas pour me déplaire.

Mis à part ce titre, et l’« interlude » plus immersif et ritualiste "Vox Diaboli", avec ces orgues envoûtants sentant les candélabres et les odeurs moites, je reste plus sur ma faim concernant les autres morceaux. La reprise de CELESTIAL BLOODSHED n’est pas non plus exceptionnelle et, pour un EP dont il faut déjà tronquer les deux minutes de l’introduction "Offertorium", je remarque que ce "Malum In Se" manque un peu de contenu. J’en attendais un peu plus tout de même. À quand donc le deuxième album ? Je l’attends en tout cas bien sagement.

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