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Haimad - When Night Rode Across The North
Chronique par Storm - Publiée le 01/02/2026
Haimad - When Night Rode Across The North
Note : 4/6
Genre : Melodic Black Metal
Année : 2025
Label : Northern Silence Productions
Pays : Suède
Durée : 47:48
Tracklist :
1.
When Night Rode Across the North
06:08
2.
Nen Cenedril
06:34
3.
Where Serpents Wait in Withering Ruins
06:33
4.
Naur
06:05
5.
Voice of the Dread Abomination
08:39
6.
Of Smokeless Fire and Smouldering Ash
07:50
7.
The Key to the First and Final Day
05:59

Avec une telle pochette évocatrice, nous étions en droit d’attendre une œuvre musicale Mordor-ienne, avec un fort pouvoir épique et des nappes de claviers enchanteresses. Et les Suédois de HAIMAD, revenus d’entre les morts depuis leur retour en 2019, du moins Azradan, le fondateur et compositeur, nous assènent en effet un nouvel album de Black Metal Symphonique hautement imprégné des sonorités mélodiques des 90s. Après un hiatus de près de vingt ans et le décès par overdose de deux de ses membres dans les années 2000, Azradan concrétise enfin son premier album après des années d’espérance et de montagnes russes. Il s’associe avec un Norvégien pour faire sombrer "When Night Rode Across The North" sur les pentes symphoniques, un dénommé Szhethil, aux orchestrations, ainsi que deux musiciens de session, l’un aux fûts, l’autre aux vociférations.

Sans réinventer la roue, Azradan produit ce bel album suintant donc les belles heures du Black Mélodique suédois, saupoudrées des claviers de l’école norvégienne. Vous comprendrez aisément de quoi il en retourne. Si vous appréciez les premières flamboyances d’un DIMMU BORGIR et la vélocité féroce d’un NAGLFAR, "When Night Rode Across The North" devrait vous plaire. Certains titres ont cette accroche émotionnelle forte de par leurs riffs et leurs nappes de claviers fort bien entremêlés et développés. Et si d’autres albums ont parfois un ventre mou qui point en plein milieu, HAIMAD a plutôt investi cette partie pour nous concocter des titres savoureux. Je pense notamment au triptyque "Where Serpents Wait In Withering Ruins / Naur / Voice Of The Dread Abomination", qui propose de très belles intensités mélodiques et une dose bien racée d’agressivité.

Mention spéciale à "Naur", le plus beau de tous. Cochant toutes les cases de la beauté de ce Black Metal typique des 90s, avec ses riffs magnétiques, sa guitare classique acoustique, ses leads envoûtants, ses claviers enchanteurs et ses breaks savants, HAIMAD nous permet de voyager aisément aux confins de notre imagination, que le groupe sature – notamment avec ce "Naur" – de motifs sonores tout à la fois délicats et riches d’émotions. Et j’ai envie de vous dire : c’est une constante sur cet opus. La pochette ne trompe pas : il y a bien une part très atmosphérique dans les ambiances distillées, mais "When Night Rode Across The North" n’est pas foncièrement épique stricto sensu ; toutefois, cette belle majestuosité générale des titres lui donne un côté chevaleresque, brillant parfois de mille feux. Le chant d’Infaustus est suffisant et accompagne correctement les titres, bien que son jeu sonne de manière plutôt classique. Ce n’est pas forcément ce qui vous écarquillera les yeux, le duo guitare / clavier prenant bien plus de place.

Forcément, "When Night Rode Across The North" n’obtiendra pas le sésame pour l’éternité, mais il conserve en lui toute la démonstration et la finalité du talent d’Azradan. À l’écoute de l’ensemble de la discographie de HAIMAD, ce premier album nous montre un gap conséquent dans la complexité et le caractère entêtant des compositions ; bien que l’EP "Majestic", datant de 1999, se défende très bien avec son premier titre, "Immortal Winds", bien sous tous rapports, et celui éponyme tout aussi bien construit. Mais, de grâce, n’omettez pas d’écouter ce nouvel album et partagez-le ! HAIMAD est fort convaincant et le mérite.

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