"Nightwing" est le cinquième album des Suédois, et le line-up, cette fois-ci bien stabilisé, rentre dans l’Histoire du Black Metal. Ces quatre-là vont en effet entrer dans la légende pour quelques années. Enregistré et mixé aux Abyss Studios de Peter Tägtgren à la toute fin de 1997, l’opus sort en avril de l’année suivante chez Osmose Productions. Voilà pour le cadre. Morgan Håkansson décide de démarrer une trilogie « thématique », inspirée par et en honneur du "Blood Fire Death" de BATHORY. "Nightwing" sera le sang, "Panzer Division", le feu et la guerre, "Grande Danse Macabre" fermera la marche avec la mort, n’est-ce pas !
Cette première pierre à l’édifice MARDUK-ien nouvelle mouture enterre le Black/Death sombre et incroyable de leurs débuts, avec le génial Av Gravf aux vocalises ténébreuses, et forme une nouvelle voie : celle du Black Metal dit « brutal ». Entendez par là blasts guerriers plus rapides que les rafales d’une mitraillette incontrôlable, vocaux avérés et haranguants, mur de son avec option riffs implacables. Forcément, ce nouvel album a fait plutôt grand bruit à l’époque, a bien écarquillé les yeux des petits jeunots que nous étions et a bien dépoussiéré, de sa tornade sonore, les recoins parfois poussiéreux du Black Metal. Je ne m’étale pas sur les thématiques de l’album, sur sa partition, car je n’en ai jamais vraiment rien eu trop à carrer lorsqu’il s’agissait de MARDUK, tant leur signature est décelable instantanément. Les Suédois se targueront de faire parfois des albums, disons, un peu conceptuels ; force est de constater qu’ils épuiseront bien le genre qu’ils auront eux-mêmes créé.
C’est aussi à partir de "Nightwing" que, de mon côté, je commencerai à me détacher au fur et à mesure de la mâchoire des Suédois, lassé par la mitraille des rythmes. "Nightwing" est quelque part encore une exception pour moi. En effet, à bien écouter ce fleuron de la discographie des Suédois, il est encore bien appréciable d’entendre une belle somme de nuances. Les titres plus mid-tempo "Dracole Wayda", "Deme Quaden Thryane" et "Dreams Of Blood And Iron" restent sacrément envoûtants. La diction de Legion y est maudite et noirâtre à souhait, et cela est un sacré bon point. Le jeu de la basse de B-War est sacrément bien troussé, surtout si l’on y prend garde, et Morgan n’est point manchot pour trouver des riffs hypnotiques et convenablement garnis en mélodies impactantes. Mention spéciale au titre éponyme, qui irradie bien son monde et sème la révolte !
Voilà. L’histoire passionnée que j’ai entretenue avec MARDUK pourrait un peu s’arrêter là pour moi, mais quelques autres sorties vont raviver, à intervalles mesurés, la flamme. À la lumière du temps passé, je révise donc ma note et la dégrade quelque peu.