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Lazer Throne - Tomb Of The Lunar Oracle
Chronique par Storm - Publiée le 01/02/2026
Lazer Throne - Tomb Of The Lunar Oracle
Note : 5/6
Genre : Atmospheric Ambient Black Metal
Année : 2025
Label : Northern Silence Productions
Pays : États-Unis
Durée : 41:34
Tracklist :
1.
Her Jeweled Skull Shines No More
09:46
2.
A Funeral for Their Star
10:22
3.
Dark Star Drinks Her Radiant Tears
06:10
4.
Her Tomb, a Vessel to Stars
15:16

J’avais un peu perdu le fil et l’attrait pour le Black Metal cosmique depuis quelques fautes de goûts inqualifiables (coucou MESARTHIM, ALRAKIS, ASTRAL SILENCE, AUREOLE…) qui avaient éconduit mes écoutes pour ce genre de musiques, alors même que leurs premiers albums m’avaient envouté. Le dernier DARKSPACE m’avait redonné du baume au cœur bien qu’il n’ait pas fait l’unanimité. Les boucles de mélopées guimauves flirtant avec de l’Electronica du pauvre m’avaient donc éloignées de l’objectif premier supra-atmosphérique de ce style de Black Metal. Aucun voyage stellaire ne me paraissait à portée et surtout digne de me faire lever les yeux, malgré très souvent de belles pochettes à passionner les astronomes amateurs.

Vous me voyez venir avec cette sortie de LAZER THRONE, la première en version long format, après un premier EP sorti en 2023 par cet Américain ? Oui, "Tomb Of The Lunar Oracle" est suffisamment intéressant pour que je puisse vous en parler en des termes assez élogieux. J’ai retrouvé cet aspect très beau, puissant et sombrement éthéré chez LAZER THRONE comme un OLHAVA passé dans l’espace. Il y a, en effet, quelque chose de très aérien dans les voix qui paraissent se confondre de manière spectrale aux vents solaires et à l’infini. Les nappes de claviers vous happent mais ne vous perdent pas, car le martèlement d’une batterie subtilement programmée et légèrement mis en avant maintient cet état de semi-conscience optimal pour passer dans les bras de la rêverie.

Quelque chose encore d’autre vous entraîne et vous guide. Sont-ce les forces supérieures de l’esprit ? Sont-ce les souvenirs personnels qui s’invitent en de multiples assauts et vous assomment de leur amertume ou de leur tristesse ? Sont-ce encore les limbes et le firmament qui nous attirent inexorablement ? "Tomb Of The Lunar Oracle" est fait de ce matériel-là. À l’écoute de cet album, nous nous surprenons à errer dans de multiples mystères. Le premier titre, "Her Jeweled Skull Shines No More", est assez exceptionnel pour témoigner intensément de cet état d’esprit. Dans le brouillard de la reverb, de cet enchevêtrement de nappes et de riffs, des lignes basses précieusement perceptibles, de leads somptueux et de solos émouvants, LAZER THRONE sublime son propos. Il y a bien aussi une part de MIDNIGHT ODYSSEY dans cet ultime titre incroyable, "Her Tomb A Vessel To Stars", qui, tour à tour, nous libère et nous emprisonne de par sa luminosité et ses tumultes saccadés. Entre passage cosmique, Sci-Fiste et suprêmement atmosphérique, "Tomb Of The Lunar Oracle" est un enveloppement permanent porté sur l’agressivité (il n’est pas question d’un Black Metal cosmique mièvre et gentillet), et les paysages sonores hypotiques.

Quatre titres pour une quarantaine de minutes et juste assez pour parfaitement plonger ses yeux dans la voûte céleste, dériver, et ressentir l’infini de l’espace ainsi que cette fragilité toute terrestre à laquelle nous sommes pourtant arrimés. LAZER THRONE arrive à ouvrir une boîte de Pandore enluminée et ténébreuse à la fois. Une prouesse en termes de Black Metal cosmique. Il y a bien un peu de DARKSPACE aussi dans cette furie de riffs, mais notre Américain développe davantage de motifs mystérieux et lévitant en permanence dans un esprit voyageur. Le label Northern Silence Productions ne s’y est donc pas trompé en signant le jeune prodige. L’avenir (astral) lui tend les bras. J’insiste vraiment sur la très belle sortie que représente ce premier album, il me semble nécessaire de l’écouter et d’aller y trouver des signifiants, ses signifiants, de ceux qui majorent les émotions internes. Beau et dense à la fois.

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