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Matalobos - Phantasmagoria: Hexed Land
Chronique par Storm - Publiée le 02/02/2026
Matalobos - Phantasmagoria: Hexed Land
Note : 4/6
Genre : Doom/Death Metal
Année : 2025
Label : Concreto Records
Pays : Mexique
Durée : 55:11
Tracklist :
1.
Panoramica
00:32
2.
This Mortal Music
05:50
3.
Purgatory Blessing
06:32
4.
Below the Dam
07:00
5.
Hatred of Kin
07:07
6.
Hasta el viento tiene miedo
03:39
7.
Where Witches Gather
06:12
8.
The Alley
04:12
9.
Carmen Buried Alive
06:50
10.
House of Laments
07:17

Les Mexicains de MATALOBOS n’en sont pas à leur premier coup d’essai. "Phantasmagoria: Hexed Lands" est leur troisième album pour une dizaine d’années d’existence, mais le quartette manie davantage encore leur Doom/Death mélancolique avec des éléments plus traditionnels de leur héritage culturel. Entre la puissance éminemment lourde des riffs et les growls caverneux à la SWALLOW THE SUN et des instants plus éthérés, progressifs et mélodiques à la KATATONIA, les Mexicains de MATALOBOS nous offrent un album concept d’un peu moins d’une heure de traversée en eaux tourmentées.

Dans un premier temps, il nous faut nous arrêter sur l’originalité de ce groupe qui, avec sa poignée d’invités, nous fait observer différentes facettes ou tentatives d’expression de ce "Phantasmagoria: Hexed Lands". La présence active et émotionnelle de la trompette de Tano Padilla (un musicien émérite spécialisé dans la musique mariachi où trompettes, violon, vihuela – une petite guitare à cinq cordes – et guitarrón se jouent de concert au milieu de chants très expressifs) au sein de nombreuses compositions de l’album nous imprègne de sa mélancolie douce et profonde. Ne se faisant jamais le contre-pied de la torpeur du Death et d’un Doom mélodique noirâtre, les incursions de Tano sont assez bouleversantes. Comme avant-goût, prenez trois minutes de votre temps et tendez l’oreille au titre instrumental "Hasta El Viento Tiene Miedo", vous m’en direz des nouvelles.

Si l’album n’est point parfait et comporte quelques défauts, notamment ce chant clair de Dante Méndez que je ne trouve pas encore tout à fait à hauteur, et des passages plutôt moins réussis, "Phantasmagoria: Hexed Lands" recèle et détient en son cœur des fulgurances majestueuses de leads et d’instants emplis de vertiges qui vous font battre le cœur intensément. Je pense notamment à l’excellente deuxième partie de "Below The Dam" démarrant par la trompette de Tano pour s’enchaîner dans les mélodies luxuriantes de tristesse et de beauté noire des guitares, ou bien encore au titre suivant "Hatred Of Kin", très bien là encore exécuté ; entre un Doom très atmosphérique et la sombreur désenchantée d’un Death. Si l’album baisse un peu d’ingéniosité et de niveau dans sa seconde moitié (je pense notamment au dernier titre "House Of Laments"), il n’en reste pas moins intéressant. La très KATATONIA-esque "Carmen, Buried Alive" est une belle ballade aisée d’écoute qui ravira les plus romantiques et dépressifs d’entre nous. La folk et majestueuse "The Alley" ne nous permettra aucune consolation, bien au contraire, mais nous réveillera de notre torpeur avec ses riffs agités et désespérés à la YEARNING ou aux meilleurs albums de SWALLOW THE SUN. La très belle prestation vocale de Gabriela Gonzaléz sur "Purgatory Blessing", délicate et gracile, vous donnera je l’espère matière à quelques éléments de rêverie.

MATALOBOS est pour moi une belle découverte. "Phantasmagoria: Hexed Lands" m’a été conseillé par mon très cher dealer sonore, orpailleur émérite et meilleur ami Samuel (que je remercie encore). Il savait bien le bougre que cet opus me ferait vibrer autant qu’il l’avait déjà produit en lui dans les ténèbres de sa vie. Les Mexicains ont réussi selon moi leur album, malgré la baisse de niveau plus évidente de la seconde partie de l’album. Autant ne pas faire la fine bouche d’emblée, car "Phantasmagoria: Hexed Lands", comme je vous l’ai indiqué, nous propose de sacrés beaux moments qui vont vous écarquiller ou mouiller les yeux. La trompette de Tano Padilla, les claquements des castagnettes, les guitares traditionnelles ne sont certes pas au centre de toutes les compositions mais – tout sentiment exotique vil chassé de nos esprits perfides – réussissent à créer une singularité qui donne envie de suivre le groupe dans ses futures pérégrinations.

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