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Mooncitadel - Stardawn Usurper
Chronique par Storm - Publiée le 02/02/2026
Mooncitadel - Stardawn Usurper
Note : 5/6
Genre : Astral Black Metal
Année : 2025
Label : Out Of The Dungeon
Pays : Finlande
Durée : 33:39
Tracklist :
1.
Ordo Templi Borealis
05:13
2.
Procreation of the Comet Rider
09:33
3.
Assemble Thy Constellations, Lord of Silence!
10:00
4.
The Stardawn Usurper
08:53

À chaque sortie des Finlandais de MOONCITADEL, une partie de mon appareil cardiaque s’emballe. Il faut dire que si le groupe est sulfureux, son leader, Joakim Kuotesaho, s’épanchant il est vrai plus ouvertement sur ses velléités nationalistes nauséabondes au sein de son autre groupe actuel STORMHEIT, le sieur a su créer et creuser au fur et à mesure des sorties de MOONCITADEL, un sillon bien singulier de son Black Metal, entre scansion mélodique et épico-symphonique. Leur premier album, "Night’s Scarlet Symphonies" sorti en 2020, posait pour de bon les incroyables motifs sonores de MOONCITADEL, alternant entre un Black Metal rapide, des mélodies Folk et épiques fourvoyées de temps à autre par des passages quasi Heavy/Prog aux entournures de certains leads. L’album, très beau à tout point de vue, notamment avec cette belle pochette ardente de l’artiste français David Thiérrée, nous embarquait de manière captivante dans le terreau mystérieux, lovecraftien et mystique de l’univers de MOONCITADEL.

Cinq ans plus tard et un EP toujours aussi savant entre-temps, "Onyx Castles And Silver Keys", le duo finlandais nous revient avec un second album ambitieux, à l’esthétique intéressante et au visuel frappant. "Stardawn Usurper" est assez court mais s’efforce autant que faire se peut de nous envoûter de ses volutes mélodiques riches et avant tout singulières. Et cette originalité caractéristique des motifs sonores et des leads en premier lieu colore ce Black Metal de touches progressives voire psychédéliques comme sur le titre fort bien réussi "Part 2: Procreation Of The Comet Rider", avec ses embardées labyrinthiques et expérimentales, son mid tempo enivrant et ses nombreux breaks astucieux. Le titre suivant, "Part 3: Assemble Thy Constellations, Lord Of Silence!" libère totalement MOONCITADEL de son Black Metal pour nous envoler dans les strates atmosphériques et célestes des plus beaux titres des débuts de TANGERINE DREAM, ou vers quelques bribes spatiales si chères à certains albums de KLAUS SCHULZE, mais également auprès d’un PINK FLOYD des 70s. Quelque chose semble rapprocher ainsi nos chers Finlandais des Ukrainiens de NOKTURNAL MORTUM, tant les éléments progressifs, décomplexés cavalent et serpentent admirablement dans les ambiances proposées. Assurément, MOONCITADEL surprend. Les compositions de Stormheit dévoilent sa grande maîtrise instrumentale ainsi que son côté visionnaire.

Et c’est aussi cela qui rend admirable cet album. Cette propension à passer les frontières, à outrepasser les codes pour chercher l’aventure sonore et rendre congruent le concept cosmique ainsi que les thèmes abordés par l’album. Et il n’est guère plus possible de se fixer sur les amours interdits de Stormheit, tant "Stardawn Usurper" nous ouvre l’esprit et les yeux. N’omettez pas d’écouter ce très bon titre introducteur qui fait le lit pour le titre suivant. Sa haute teneur acoustique, spectrale, avec ce chant clair saisissant, agite nos neurones, les préparant doucereusement à la future cavalcade des riffs et au déchiffrement des mystères de l’album.

MOONCITADEL nous présente un peu plus de trente minutes d’un Black Metal novateur et n’hésitant pas à jouer de sa vélocité féroce pour nous hypnotiser tout en nous encanaillant. En reprenant à nouveau un bon nombre d’écoutes de ce "Stardawn Usurper", le constat est clair : peu de reproches peuvent lui être faits. Sa courtesse frustre légèrement. Le duo finlandais nous laisse un peu sur notre faim, un autre titre tout aussi aventureux et avant-gardiste n’aurait pas été de refus. Hormis cela, cette sortie est à saluer tant elle s’avère passionnante. Un album de feu et du ciel qui prend la main de l’épouvante du Black Metal pour l’emmener sur d’autres territoires tout aussi hostiles qu’étrangers.

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