J’avais déjà tourné le dos à MARDUK lorsqu’est sorti cet album. Cette fois, le feu de la mitraille des rythmes est bel et bien parti et ne va permettre aucun répit. Fredrik Andersson s’en donne à cœur joie et l’incisivité des guitares de Morgan Håkansson est impitoyable avec leur déluge de riffs plutôt thrashy dans l’esprit. Sixième album studio, enregistré aux Abyss sous la houlette, bien évidemment, de Peter Tägtgren et distribué par Osmose Productions, "Panzer Division Marduk" ne fait aucun quartier pour apaiser son auditoire. C’était voulu et annoncé. Morgan avait bien précisé que les rythmes allaient chauffer, et le bougre a tenu parole : "Panzer Division Marduk" est un débouchage de conduits en règle et un assaut permanent de violence.
Capturant l’esprit de la guerre, plus précisément celui de la Seconde Guerre mondiale comme métaphore de la suprême agressivité – rappelons que ce disque s’inscrit dans le cadre d’une trilogie (sang, feu, mort) démarrée avec "Nightwing" l’année précédente –, cet album est l’expression même de la brutalité et de l’intensité belliqueuse du Black Metal. Avec son char d’assaut suédois (un Stridsvagn 104, pour être plus exact) en guise de pochette, les Suédois cultivent et potentialisent leur esthétique martiale et donnent à voir l’esprit de la musique de MARDUK : implacabilité, destruction. Ce choix d’imageries et de thèmes leur attirera quelques interprétations politiques nauséabondes de la part de certains fans ou critiques, ce que le groupe démentira bec et ongles.
Mais l’essentiel n’est point là. À l’image de la durée de l’album (ndlr : 30:02), l’intensité brève et dévastatrice des titres ne faiblit jamais. Avec un côté parfois quasi Punk, très énergique et sans compromis (à prendre ou à laisser), "Panzer Division Marduk" exerce une pression sonore maximale en continu, où règnent la bestialité des blasts, les vociférations de Legion et les assauts de la basse de B-War. L’homogénéité et la linéarité sont de mise au sein des huit compositions et c’est peut-être ce qui me chagrine un peu. La démonstration faite, MARDUK s’érige en fer de lance du Black Metal Brutal et tient sa singularité, son credo et son originalité, mais me convainc peu.
Très pro et carré – le groupe d’ailleurs enregistrera très rapidement en studio, tant tout était déjà extrêmement bien ficelé, une constance chez MARDUK –, "Panzer Division Marduk" ne parvient pas vraiment à hisser un titre plus que les autres. À l’instar des Suédois, un peu auparavant, de THE ABYSS (rappelez-vous le frénétisme de "Summon The Beast") emmené par Tägtgren himself, ou bien encore des Norvégiens de TSJUDER un peu plus tard (le fameux "Desert Northern Hell"), MARDUK s’installe sur le trône de l’ultraviolence. Sauf qu’à ce petit jeu-là, le groupe perd son aura obscure, si chèrement affirmée au bon vieux temps de Av Gravf et des fameux albums que sont "Those Of The Unlight" (1993) ou bien encore "Opus Nocturne" (1994). Voilà, voilà ! Je fous ma note et je me taille, moi !